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Les États-Unis veulent affaiblir la résolution de l’ONU sur l’Ukraine et l’occupation russe.

Publié le 16 novembre 2024 à 14h30. L’administration Trump tente de modifier une résolution clé de l’ONU sur l’Ukraine, suscitant l’inquiétude des diplomates occidentaux qui craignent une érosion du soutien international à Kiev et une normalisation de l’occupation…

Les États-Unis veulent affaiblir la résolution de l’ONU sur l’Ukraine et l’occupation russe.

Publié le 16 novembre 2024 à 14h30. L’administration Trump tente de modifier une résolution clé de l’ONU sur l’Ukraine, suscitant l’inquiétude des diplomates occidentaux qui craignent une érosion du soutien international à Kiev et une normalisation de l’occupation russe.

  • Washington souhaite remplacer les termes « intégrité territoriale » et « agression » par une formulation plus neutre, « guerre en Ukraine », dans un texte annuel sur les droits de l’homme.
  • Les diplomates occidentaux avertissent que ce changement pourrait affaiblir la position de l’ONU sur l’invasion russe et encourager Moscou.
  • Cette initiative intervient alors que des rapports de l’ONU confirment la commission systématique de crimes contre l’humanité par les forces russes en Ukraine.

L’administration de Donald Trump exige la modification d’une résolution importante de l’Assemblée générale des Nations Unies concernant la situation dans les territoires ukrainiens occupés, selon des sources diplomatiques citées par Kyiv Post. La demande porte sur la suppression des références à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et à la condamnation de l’occupation russe.

Il s’agit de la résolution annuelle ukrainienne intitulée « La situation des droits de l’homme dans les territoires temporairement occupés de l’Ukraine ». Ce document, traditionnellement adopté, réaffirme la souveraineté de Kiev et documente les violations commises par les autorités russes dans les zones occupées. L’année dernière, la résolution avait obtenu le soutien de 78 États, dont les États-Unis.

Selon deux sources diplomatiques, Washington insiste désormais pour que le texte utilise une formulation plus neutre, remplaçant les termes « intégrité territoriale » et « agression » par l’expression « guerre en Ukraine ». Cette proposition suscite de vives inquiétudes parmi les alliés de Kiev.

Les diplomates occidentaux craignent que cette modification ne dilue la position constante de l’ONU sur l’invasion russe et ne soit perçue par Moscou comme un affaiblissement du soutien américain. Ils estiment qu’une telle décision pourrait signaler au Kremlin que les États-Unis ne défendent plus fermement l’ordre international.

« C’est un autre exemple de la façon dont Washington s’éloigne des intérêts clés de l’Ukraine à un moment diplomatique crucial », a déclaré l’un des diplomates européens, cité par Kyiv Post. « Si ces termes disparaissent, cela signifiera au Kremlin que les États-Unis ne mènent plus la défense de l’ordre international. »

Diplomate européen

La Troisième Commission de l’Assemblée générale, chargée des questions de droits de l’homme, examinera le projet de résolution dans les semaines à venir. Les partenaires européens de l’Ukraine exercent désormais des pressions sur les États-Unis pour qu’ils revoient leur position avant le vote.

Pour Kiev, l’enjeu est de la plus haute importance. La résolution ne se limite pas à condamner l’occupation russe, elle constitue également une base juridique essentielle pour les futures enquêtes menées par la Cour pénale internationale.

Ce différend sur le texte de la résolution coïncide avec la publication d’un nouveau rapport de la Commission internationale indépendante des Nations Unies. Ce rapport confirme que les troupes russes commettent systématiquement des crimes contre l’humanité, notamment des meurtres de masse, des déportations et des déplacements forcés de populations ukrainiennes.

« Il ne s’agit pas d’incidents isolés. Cela fait partie d’une politique étatique visant à détruire l’identité ukrainienne dans les territoires occupés », a déclaré Eric Mjose, le président de la Commission.

Bien que des responsables américains présentent officiellement ces changements comme une « tentative de rendre le document plus inclusif », les alliés de l’Ukraine y voient une étape supplémentaire vers la « normalisation » de l’occupation russe. Ils craignent que cela ne conduise à une reconnaissance tacite de la situation actuelle.

« Il ne s’agit pas que de mots. Il s’agit de savoir si le monde continuera à reconnaître l’occupation comme illégale ou s’il commencera à la traiter comme une réalité », a souligné un diplomate européen.

Cette controverse intervient alors que Donald Trump a récemment déclaré que les États-Unis « ne dépensent plus d’argent » pour financer l’Ukraine, affirmant que le pays recevait désormais des fonds grâce aux ventes d’armes à l’OTAN. « Regardez les dégâts que la Russie et l’Ukraine nous ont causés en tant que pays. Nous avons dépensé 350 milliards de dollars. Nous ne dépensons plus d’argent. Maintenant, ils nous paient par l’intermédiaire de l’OTAN », a-t-il déclaré.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.