L’administration américaine a annoncé son retrait de plus de soixante organisations internationales, incluant des agences clés des Nations unies, marquant une rupture significative avec la coopération multilatérale et une volonté affirmée de recentrer les priorités américaines.
À retenir
- Les États-Unis se retirent de 66 organisations internationales, notamment celles liées à l’ONU, ciblant les domaines du climat, du travail et de la migration.
- Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration américaine visant à remettre en question le multilatéralisme et à privilégier ses propres intérêts.
- Le retrait de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) est particulièrement symbolique, après le retrait antérieur des États-Unis de l’Accord de Paris.
Contexte
Cette décision fait suite à un examen approfondi par l’administration américaine de sa participation et de son financement aux organisations internationales. Selon un communiqué de la Maison Blanche, de nombreuses de ces organisations sont jugées « redondantes », « mal gérées » ou allant à l’encontre des intérêts nationaux américains. L’administration avait déjà suspendu son soutien à des agences telles que l’Organisation mondiale de la santé, l’UNRWA, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU et l’UNESCO, adoptant une approche sélective en matière de financement.
Les critiques soulignent que cette approche représente un changement majeur par rapport aux administrations précédentes, républicaines comme démocrates, qui ont traditionnellement maintenu un engagement plus fort envers les institutions internationales. Cette politique a déjà conduit à des réductions de personnel et de programmes au sein de l’ONU et a affecté des projets mis en œuvre par des organisations non gouvernementales.
Ce qui change
Parmi les organisations concernées figurent l’agence des Nations unies pour la population, le Fonds des Nations unies pour la population, et la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Le retrait de la CCNUCC, qui sous-tend l’Accord de Paris sur le climat, est particulièrement significatif, étant donné que l’administration américaine considère le changement climatique comme un « canular ». D’autres organisations touchées incluent le Partenariat pour la coopération atlantique, l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale et le Forum mondial de lutte contre le terrorisme.
Gina McCarthy, ancienne conseillère nationale pour le climat à la Maison Blanche, a qualifié cette décision d’« embarrassante et insensée », soulignant la perte d’influence américaine dans les décisions mondiales concernant le climat et l’économie. Rob Jackson, climatologue à l’Université de Stanford, a averti que ce retrait pourrait encourager d’autres pays à retarder leurs propres engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre.
L’administration américaine justifie ces retraits en affirmant vouloir concentrer les ressources des contribuables sur des initiatives qui servent directement les intérêts américains et lui permettent de rivaliser avec la Chine dans des domaines tels que les télécommunications, la navigation maritime et le travail.
Prochaines étapes
Il sera crucial d’observer l’impact de ces retraits sur les efforts mondiaux pour relever les défis tels que le changement climatique, la santé publique et la migration. Les experts s’attendent à ce que l’absence des États-Unis complique la recherche de solutions globales et puisse entraîner une fragmentation accrue de la coopération internationale. L’administration américaine pourrait chercher à exercer une influence accrue au sein des organisations internationales restantes, en particulier celles où elle perçoit une concurrence avec la Chine.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre d’organisations quittées | 66 |
Sources
Communiqué de la Maison Blanche du 28 février 2022.