L’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, récemment adoptée en Australie, suscite des réactions mitigées à l’étranger. Des étudiants allemands estiment qu’une approche axée sur l’éducation et le développement des compétences numériques serait plus efficace qu’une simple interdiction.
Quentin Gärtner, représentant de la Conférence nationale des étudiants allemands, a déclaré que l’interdiction ne saurait être une première mesure en matière de politique éducative. « La première étape devrait toujours être d’enseigner aux jeunes des compétences », a-t-il affirmé, soulignant l’importance d’une éducation à la responsabilité sur les plateformes sociales.
La loi australienne, entrée en vigueur mercredi 24 janvier 2024, interdit aux enfants et adolescents de moins de 16 ans de créer ou d’utiliser des comptes sur les principales plateformes telles que TikTok, Snapchat, YouTube, Facebook et Instagram. Les autorités australiennes justifient cette mesure par la nécessité de protéger les mineurs des dangers en ligne. L’Allemagne, quant à elle, débat actuellement de la mise en place d’une réglementation similaire.
Selon Quentin Gärtner, 18 ans et ancien secrétaire général de la Conférence nationale des étudiants (jusqu’en novembre dernier), les restrictions d’âge ne constituent pas une solution durable. « Si nous parlons de réglementation ou d’interdiction des médias sociaux, nous avons besoin d’une approche à l’échelle de la société », a-t-il expliqué à l’agence de presse allemande dpa. Il a ajouté que la société dans son ensemble doit être capable de gérer ces enjeux, et que des solutions alternatives doivent être envisagées.
M. Gärtner a plaidé pour un renforcement de l’éducation dans les écoles, avec la présence de professionnels formés pour sensibiliser les élèves aux bonnes habitudes de sommeil, au fonctionnement des réseaux sociaux et à la lutte contre la désinformation. « Il ne s’agit pas d’ignorer les effets néfastes du temps passé devant un écran », a-t-il précisé, soulignant que des millions d’enfants et d’adolescents ont besoin d’aide et que la demande d’accompagnement est forte.