Publié le 31 octobre 2025 21:27:00. Une étude récente suggère un lien significatif entre l’ostéoporose et la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), en particulier chez les femmes, ouvrant la voie à de nouvelles pistes de recherche sur les mécanismes de ces maladies.
- L’ostéoporose est associée à un risque accru de tous types de DMLA chez les femmes.
- Une densité minérale osseuse (DMO) plus élevée semble avoir un effet protecteur contre la DMLA chez les femmes.
- Les femmes américaines d’origine mexicaine présentent une association particulièrement forte entre l’ostéoporose et la DMLA.
L’ostéoporose, une maladie caractérisée par une diminution de la densité osseuse et une fragilité accrue des os, est une affection courante, notamment chez les femmes après la ménopause. Cette condition augmente le risque de fractures, en particulier au niveau de la hanche et de la colonne vertébrale. Parallèlement, la DMLA, une cause majeure de perte de vision chez les personnes âgées, affecte la macula, la partie centrale de la rétine responsable de la vision fine et détaillée.
Des études antérieures avaient déjà suggéré des facteurs communs potentiels entre ces deux maladies, tels que l’inflammation chronique, les troubles métaboliques, le stress oxydatif, un apport insuffisant en calcium et une carence en vitamine D. Cependant, la nature exacte de la relation entre l’ostéoporose et les maladies oculaires liées à l’âge restait largement méconnue.
Pour mieux comprendre ce lien, des chercheurs ont analysé les données de l’Enquête nationale sur la santé et la nutrition (NHANES) collectées entre 2005 et 2008. Ils ont examiné les dossiers de 4 550 participants âgés de 40 ans et plus, en identifiant ceux atteints de DMLA grâce à l’analyse de photographies de la rétine, et en évaluant leur densité minérale osseuse par absorptiométrie à rayons X à double énergie (DXA).
Les résultats ont révélé une association significative entre l’ostéoporose et la DMLA chez les femmes. Les femmes atteintes d’ostéoporose présentaient un risque 2,25 fois plus élevé de développer une DMLA précoce ou tardive (p < 0,001). Plus précisément, le risque de DMLA précoce était augmenté de 2,05 (p = 0,003) et celui de DMLA tardive de 4,25 (p = 0,022).
En revanche, cette association n’était pas statistiquement significative chez les hommes. De plus, l’étude a montré que la relation entre l’ostéoporose et la DMLA chez les femmes n’était pas linéaire, suggérant qu’un certain seuil de densité osseuse pourrait être crucial.
Pour chaque augmentation d’une unité de la DMO fémorale totale, l’incidence de la DMLA diminuait de 0,08 chez les femmes, ce qui indique un effet protecteur de la densité osseuse. Les analyses par sous-groupes raciaux ont également révélé que les femmes américaines d’origine mexicaine présentaient une association particulièrement forte entre l’ostéoporose et la DMLA (rapport de cotes de 3,52) par rapport aux femmes blanches non hispaniques (rapport de cotes de 1,86).
Les personnes n’ayant jamais fumé ou consommé d’alcool présentaient également des valeurs de rapport de cotes plus faibles, suggérant que ces habitudes de vie pourraient influencer la relation entre l’ostéoporose et la DMLA.
Les auteurs de l’étude soulignent le rôle central des œstrogènes dans le remodelage osseux chez les femmes.
« L’influence des œstrogènes améliore significativement l’absorption du calcium dans le duodénum, ce qui peut expliquer la corrélation significative entre la baisse des taux d’œstrogènes chez les femmes ménopausées et la prévalence accrue de l’ostéoporose. »
Auteurs de l’étude
Ils ajoutent que l’œstrogène est « intimement lié » à la pathogenèse de la DMLA, car il module plusieurs voies de signalisation impliquées dans le développement de cette maladie.
Il est important de noter que les traitements contre la DMLA, notamment les agents anti-facteur de croissance endothélial vasculaire (VEGF), peuvent être associés à une diminution de la densité osseuse chez les patients atteints d’ostéoporose. Des études l’ont démontré. Par conséquent, les auteurs recommandent une surveillance régulière de la densité osseuse et de la progression de la DMLA chez les patients traités pour ces affections.
L’étude présente certaines limites, notamment sa conception transversale, qui ne permet pas d’établir de relations de cause à effet. De plus, les données disponibles ne permettaient pas de tenir compte de tous les facteurs susceptibles d’influencer à la fois l’ostéoporose et la DMLA, tels que les habitudes alimentaires, les comportements liés au mode de vie et l’utilisation de certains médicaments. Les chercheurs recommandent que de futures études intègrent ces éléments pour une compréhension plus complète de la relation entre ces deux maladies.
En conclusion, ces résultats suggèrent une association significative entre l’ostéoporose et un risque accru de DMLA chez les femmes.
« L’étude de leurs associations pourrait conduire à l’identification de nouveaux gènes pathogènes, de voies de signalisation ou de biomarqueurs afin de fournir de nouvelles informations et orientations pour clarifier les mécanismes sous-jacents à la DMLA. »
Auteurs de l’étude
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