Home AffairesLes finances désorganisées du « faux Thatcher » conduisent à une fuite des capitaux | Plateforme Média Agora

Les finances désorganisées du « faux Thatcher » conduisent à une fuite des capitaux | Plateforme Média Agora

by Amélie Bernard

Publié le 9 décembre 2025. La politique économique du gouvernement Takaichi, marquée par une augmentation des dépenses publiques, suscite de vives inquiétudes, notamment auprès du journal britannique The Telegraph, qui y voit un risque de perte de confiance dans la capacité du Japon à gérer ses finances.

  • Le Japon, déjà le pays le plus endetté au monde, a annoncé de nouvelles dépenses publiques importantes (coupons d’aide alimentaire, réductions des taxes sur l’essence, etc.).
  • Cette décision a entraîné une forte hausse des rendements des obligations d’État japonaises, atteignant leur plus haut niveau depuis 1997.
  • Les investisseurs semblent perdre confiance dans la capacité du Japon à maîtriser sa dette, ce qui se traduit par une fuite des capitaux.

Le journal britannique The Telegraph a publié un article particulièrement critique à l’égard de la politique économique du Premier ministre Takaichi, la qualifiant de « panoplie de cadeaux » risquant de provoquer une perte soudaine de confiance. Ambrose Evans-Pritchard, l’auteur de l’article, estime que cette politique est à l’opposé de celle menée par Margaret Thatcher au Royaume-Uni.

« La panoplie de cadeaux du nouveau Premier ministre japonais risque une perte soudaine de confiance »

Ambrose Evans-Pritchard, The Telegraph

Selon l’analyse du journal, l’expansion budgétaire, dans un contexte de pénurie d’approvisionnement, risque non seulement de réduire les investissements privés et d’alimenter l’inflation, mais aussi de miner la crédibilité du yen. L’inflation, en masquant artificiellement l’amélioration des finances publiques grâce à des taux d’intérêt négatifs, crée une illusion de prospérité.

La situation est d’autant plus préoccupante que le yen, traditionnellement considéré comme une valeur refuge en période de crise, est désormais perçu comme une monnaie de pays émergent. Cette perte de confiance se traduit par une fuite des capitaux, exacerbée par les investisseurs individuels japonais, ce qui contribue à affaiblir le yen et à faire grimper les taux d’intérêt.

Le Premier ministre Takaichi se présente comme la « Thatcher de l’Asie », mais cette comparaison est jugée inappropriée par les analystes. Son idéologie nationaliste, qui met en avant les valeurs et les actions militaires du Japon d’avant-guerre, pourrait également nuire à la confiance des investisseurs internationaux. À cela s’ajoute le contexte géopolitique, avec les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine qui se déroulent indépendamment de la politique japonaise.

L’aggravation du problème de la dette est une source d’inquiétude majeure. Si les taux d’intérêt augmentent à l’avenir, les paiements d’intérêts du Japon pourraient quadrupler d’ici 2036, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI). Le marché commence d’ailleurs à anticiper cette hausse des taux et à déterminer les taux d’intérêt à long terme, contournant ainsi les efforts de la Banque du Japon pour les maintenir bas.

Les politiques économiques menées sous l’ère Abenomics sont également pointées du doigt. L’incitation à la dépréciation du yen par la Banque du Japon, sous la direction de Haruhiko Kuroda, est considérée comme la cause profonde de la faiblesse actuelle du yen et de la hausse des taux d’intérêt, entraînant une fuite des capitaux et un effondrement de la confiance.




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