L’élection d’un socialiste démocrate à la mairie de New York, Zohran Mamdani, a créé la surprise et suscite l’inquiétude dans le monde des affaires américain. À 34 ans, il deviendra le plus jeune maire de la ville depuis plus d’un siècle et le premier musulman à occuper ce poste.
Zohran Mamdani a remporté une victoire inattendue face à l’ancien gouverneur de New York, Andrew Cuomo, issu d’une puissante dynastie politique et, ironiquement, soutenu par l’ancien président Donald Trump. Cette victoire s’explique en grande partie par une mobilisation massive des jeunes électeurs, qui ont massivement voté pour le candidat progressiste.
Selon les sondages à la sortie des urnes, 78 % des New-Yorkais de moins de 30 ans ont choisi Mamdani, contre seulement 18 % pour Cuomo. Le programme de Mamdani, axé sur le gel des loyers, le soutien aux petites entreprises et l’augmentation du salaire minimum à 30 dollars de l’heure (environ 27,50 euros), a trouvé un écho particulier auprès de cette tranche d’âge.
Ce succès est également attribué à une maîtrise des réseaux sociaux. Kevin O’Leary, connu sous le nom de « Mr. Wonderful », estime que le maire élu « a fait un travail fantastique en comprenant les médias sociaux ». L’algorithme, et sa capacité à toucher un public large, est devenu un outil essentiel dans les campagnes électorales modernes, comme l’a démontré, selon certains, la réélection de Donald Trump.
L’ascension de Mamdani reflète une méfiance croissante des jeunes envers les institutions traditionnelles et une recherche de candidats atypiques, ainsi qu’un intérêt pour des actifs décentralisés comme les stablecoins.
Si certaines propositions de Mamdani, comme la réduction des amendes et des frais pour les petites entreprises et la simplification des démarches administratives, sont bien accueillies, d’autres suscitent des inquiétudes. L’augmentation du salaire minimum, le gel des loyers et la possible nationalisation de certains services publics pourraient, selon les critiques, freiner l’investissement privé et la construction.
« Mamdani aura du mal à diriger New York et à mettre en œuvre son programme de cadeaux », estime BCA Research. Les grandes entreprises commencent déjà à quitter New York pour des États comme le Texas et la Floride, où les impôts sont plus bas et la réglementation moins contraignante. Au cours de la dernière décennie, ces deux États ont attiré 250 milliards de dollars (environ 230 milliards d’euros) de revenus nets ajustés, tandis que New York en a perdu 111 milliards (environ 102 milliards d’euros).
New York est également classé dernier en matière d’impôts sur les entreprises par la Tax Foundation pour 2026. Avec des taux d’imposition sur le revenu pouvant atteindre près de 15 % (taxes municipales incluses), les hauts revenus et les entreprises sont incités à s’installer ailleurs. Cette tendance pourrait entraîner une diminution de l’assiette fiscale de la ville, même si Mamdani promet d’augmenter les dépenses publiques.
L’évolution des opinions sur le capitalisme et le socialisme est également un facteur clé. Un récent sondage Gallup révèle que seulement 54 % des Américains ont une opinion favorable du capitalisme, contre 60 % il y a quelques années. Chez les démocrates, le socialisme est désormais plus populaire que le capitalisme, avec un écart de 24 points.
Peter Thiel, un capital-risqueur, a souligné que l’endettement étudiant et le coût élevé du logement peuvent conduire à un rejet du système capitaliste.
Pour les investisseurs, cette situation pourrait créer des opportunités dans l’immobilier, les infrastructures et les obligations municipales, ainsi que dans les secteurs liés aux politiques socialistes démocrates de Mamdani, tels que l’énergie verte et les transports en commun. Il est également conseillé de maintenir une exposition aux actifs refuges, comme l’argent, en période d’incertitude. Les fonds miniers aurifères aux États-Unis ont ainsi collecté 5,4 milliards de dollars (environ 4,9 milliards d’euros) au troisième trimestre, le plus important afflux depuis décembre 2009.