Home MondeLes forces américaines interceptent un deuxième navire marchand au large du Venezuela dans le cadre du blocus des navires sanctionnés

Les forces américaines interceptent un deuxième navire marchand au large du Venezuela dans le cadre du blocus des navires sanctionnés

by Clara Dubois

Les États-Unis ont intensifié la pression sur le Venezuela en interceptant un pétrolier au large de ses côtes, une action qui intervient après l’annonce d’un « blocus » par l’administration Trump contre les navires transportant du pétrole vénézuélien. Cet arraisonnement, le deuxième en moins de deux semaines, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à déstabiliser le gouvernement de Nicolás Maduro.

L’opération, menée avant l’aube, a été confirmée par Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure américaine. Les garde-côtes américains, avec le soutien du ministère de la Défense, ont intercepté le navire, identifié comme le Centuries, un pétrolier battant pavillon panaméen. Une vidéo diffusée par Mme Noem sur les réseaux sociaux montre un hélicoptère américain en train de s’amarrer sur le navire.

Selon les autorités américaines, l’opération s’est déroulée de manière « consentie », le pétrolier s’étant volontairement immobilisé pour permettre l’embarquement des forces américaines. Un responsable américain, souhaitant rester anonyme, a précisé que le navire était amarré au Venezuela au moment de son interception.

« Les États-Unis continueront à traquer les mouvements illicites de pétrole sanctionné utilisé pour financer le narcoterrorisme dans la région », a déclaré Kristi Noem sur le réseau social X. « Nous vous trouverons et nous vous arrêterons. »

Cette action fait suite à la saisie, le 10 décembre dernier, d’un autre pétrolier, le Skipper, au large du Venezuela. Donald Trump avait alors promis d’imposer un « blocus » au Venezuela, une menace qu’il a réitérée ces derniers jours.

Par ailleurs, le président Trump a exigé que le Venezuela restitue aux compagnies pétrolières américaines les actifs qu’il avait nationalisés il y a des années. Il a justifié cette demande en évoquant les pertes subies par les investisseurs américains, suggérant que les sanctions et la pression exercée sur Maduro sont également motivées par des différends commerciaux.

Les compagnies pétrolières américaines dominaient l’industrie pétrolière vénézuélienne jusqu’à la nationalisation du secteur, d’abord dans les années 1970, puis de manière plus poussée sous Hugo Chávez et Nicolás Maduro. En 2014, un tribunal d’arbitrage international a ordonné au Venezuela de verser 1,6 milliard de dollars (environ 1,47 milliard d’euros) à ExxonMobil en compensation.

L’intensification de la pression américaine intervient également dans un contexte de lutte contre le trafic de drogue. Depuis début septembre, le ministère de la Défense américain a mené au moins 28 frappes contre des navires soupçonnés de transporter du fentanyl et d’autres drogues illégales dans les Caraïbes et l’est de l’océan Pacifique, faisant au moins 104 morts. Ces opérations, qui font l’objet de critiques de la part de législateurs et d’organisations de défense des droits de l’homme, sont justifiées par l’administration Trump comme une réponse à un « conflit armé » avec les cartels de la drogue.

Maduro est lui-même accusé de narcoterrorisme aux États-Unis. Les États-Unis ont déployé une importante force navale dans la région et Donald Trump a laissé entendre que des opérations terrestres pourraient suivre. Maduro, pour sa part, affirme que le véritable objectif des États-Unis est de le renverser.

Susie Wiles, la chef de cabinet de la Maison Blanche, a déclaré à Vanity Fair que Donald Trump « veut continuer à faire exploser les bateaux jusqu’à ce que Maduro crie oncle ».

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