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Les forêts diminuent, les moustiques piquent plus souvent les humains que les animaux sauvages

Publié le 18 janvier 2026 à 19h39 (heure locale). La fragmentation de la forêt atlantique au Brésil modifie le comportement des moustiques, qui se tournent désormais plus fréquemment vers les humains pour se nourrir, augmentant ainsi le risque…

Les forêts diminuent, les moustiques piquent plus souvent les humains que les animaux sauvages

Publié le 18 janvier 2026 à 19h39 (heure locale). La fragmentation de la forêt atlantique au Brésil modifie le comportement des moustiques, qui se tournent désormais plus fréquemment vers les humains pour se nourrir, augmentant ainsi le risque de transmission de maladies.

  • Une étude récente révèle une préférence marquée des moustiques forestiers pour le sang humain dans les zones de forêt atlantique fragmentée.
  • Cette modification du comportement est liée à la raréfaction de la faune sauvage, rendant les humains plus accessibles comme source de nourriture.
  • Les chercheurs mettent en garde contre un risque accru de transmission de maladies telles que la fièvre jaune, la dengue et le Zika.

La disparition progressive de la forêt atlantique, écosystème riche en biodiversité, a des conséquences insoupçonnées sur la santé publique. Une étude menée dans deux zones de conservation de l’État de Rio de Janeiro, le Sítio Recanto Preservar et la réserve écologique de la rivière Guapiacu, a mis en évidence un changement préoccupant dans le comportement des moustiques locaux.

Les chercheurs ont analysé le contenu de l’estomac de 1714 moustiques capturés, en utilisant des techniques de codes-barres ADN pour identifier l’origine du sang qu’ils avaient consommé. Sur les 145 femelles ayant ingéré du sang, l’analyse a révélé que 18 des 24 échantillons identifiés provenaient d’humains. Le reste provenait d’oiseaux, d’amphibiens, de rongeurs et de chiens errants, certains moustiques présentant un régime alimentaire mixte.

« Nous démontrons qu’une espèce de moustique capturée dans un fragment de forêt atlantique manifeste une préférence nette pour le sang humain », explique Jeronimo Alencar, auteur principal de l’étude et chercheur à l’Institut Oswaldo Cruz. Il souligne que cette préférence est particulièrement inquiétante dans les zones où la diversité animale reste élevée.

Sergio Machado, de l’Université fédérale de Rio de Janeiro, partage ce point de vue : « La préférence pour les humains dans un environnement riche en hôtes potentiels augmente considérablement le risque de transmission d’agents pathogènes. »

Selon les chercheurs, ce changement de comportement n’est pas inhérent aux moustiques, mais est directement lié à la dégradation de leur habitat. La disparition de la faune sauvage, contrainte de fuir les zones déforestées, rend les humains plus facilement accessibles comme source de nourriture.

« Le comportement des moustiques est complexe », précise Alencar. « Même s’il existe une tendance naturelle, la disponibilité et la proximité de l’hôte sont cruciales. » Machado ajoute : « Avec la diminution des options naturelles, les moustiques sont obligés de rechercher des sources de sang alternatives, et les humains sont la cible principale en raison de leur nombre et de leur accessibilité. »

Cette situation représente une menace sérieuse dans les zones endémiques de maladies transmises par les moustiques, telles que la fièvre jaune, la dengue, le Zika, le chikungunya et le virus Mayaro. Les piqûres de moustiques ne sont plus considérées comme une simple nuisance, mais comme un vecteur potentiel d’épidémies.

Les chercheurs mettent en garde contre l’amincissement des barrières de transmission des maladies de la faune sauvage aux humains, un risque particulièrement élevé en lisière des forêts, où les interactions entre l’homme et la nature sont les plus fréquentes.

L’étude reconnaît certaines limites, notamment la difficulté d’identifier la source du sang dans tous les échantillons en raison de sa dégradation rapide et du régime alimentaire mixte de certains moustiques. Les chercheurs encouragent donc la poursuite des études, en utilisant des méthodes plus sensibles et en élargissant la couverture géographique, afin de cartographier plus précisément les habitudes alimentaires des moustiques dans différents contextes de déforestation.

Malgré ces limites, les résultats sont considérés comme importants pour orienter les stratégies de santé publique. « Savoir que les moustiques dans une zone piquent plus souvent les humains est un signal d’alarme précoce », souligne Machado.

Alencar conclut : « Ces informations permettent une surveillance et une prévention plus ciblées et ouvrent la voie à des stratégies de contrôle basées sur l’équilibre des écosystèmes. »

Alors que la forêt atlantique continue de se rétrécir, la frontière entre les maladies animales et les maladies humaines devient de plus en plus floue. Et souvent, ce changement est le résultat d’une simple décision prise par un moustique : qui piquer.

L’étude a été publiée dans la revue Frontiers in Ecology and Evolution.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.