Publié le 27 décembre 2025 12:55:00. L’intelligence artificielle et la robotique, autrefois cantonnées à la science-fiction, progressent à un rythme effréné, suscitant l’inquiétude des services secrets britanniques quant à une concentration excessive du pouvoir entre les mains de géants technologiques.
- Le MI6 met en garde contre le risque que des entreprises technologiques rivalisent avec les États en matière d’influence et de contrôle.
- Des robots humanoïdes et des armes autonomes, capables de prendre des décisions létales sans intervention humaine, sont en développement et déjà opérationnels.
- Des figures influentes comme Elon Musk et Peter Thiel sont perçues comme des acteurs potentiels capables d’influencer l’équilibre entre paix et guerre.
Les scénarios apocalyptiques dépeints par la science-fiction – des sociétés humaines soumises au pouvoir des machines – semblent moins éloignés de la réalité. Les progrès technologiques fulgurants des dernières années, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) et de la robotique, alimentent cette inquiétude. Des robots humanoïdes, comme l’Optimus de Tesla, conçus pour des tâches domestiques, sont déjà une réalité. D’autres sont intégrés dans l’industrie, remplaçant la main-d’œuvre humaine. Mais c’est l’essor de l’IA, avec sa capacité à résoudre des problèmes complexes en quelques secondes, qui inquiète particulièrement.
Les experts soulignent que nous assistons à un changement de paradigme aux implications multiples. Le développement du premier robot soldat au monde, baptisé T800 en référence au film Terminator, illustre cette évolution. Des drones spécialisés et d’autres armes autonomes, capables de tuer avec une intervention humaine minimale, sont également en cours de développement. On parle même d’armes biologiques personnalisées grâce au génie génétique. Cette perte de supervision humaine dans les systèmes de contrôle est jugée alarmante.
Des personnalités comme Elon Musk, à la tête de nombreux projets technologiques et propriétaire de la plateforme X, et son ancien associé chez PayPal, Peter Thiel, sont considérées comme des figures influentes, détenant un pouvoir sans précédent. Certains estiment qu’ils pourraient jouer un rôle déterminant dans le maintien de la paix ou, au contraire, déclencher des conflits. L’entreprise de Thiel profite notamment de la guerre en Ukraine, l’utilisant comme terrain d’expérimentation pour ses systèmes d’IA militaire qui délèguent la décision de tuer à des algorithmes. Plusieurs sources confirment cette utilisation de la guerre comme laboratoire technologique.
Blaise Metreweli, la première femme à la tête des services secrets britanniques MI6, a récemment émis un avertissement concernant ces géants technologiques. Elle a souligné que nous assistons à une rupture entre les grandes figures de la technologie et le pouvoir politique traditionnel. Selon elle, ces entreprises ne sont plus de simples acteurs, mais des entités rivalisant avec les États en matière d’influence et de contrôle.
« Nous sommes dans un moment de rupture entre les grandes figures technologiques et le pouvoir politique traditionnel. »
Blaise Metreweli, directrice du MI6
Au-delà de la question du contrôle technologique, se pose également celle du déploiement de ces technologies et de leur potentiel à devenir incontrôlables, notamment en matière de désinformation. La rapidité avec laquelle le mensonge se propage, facilitée par la technologie, menace la notion même de vérité et fragilise les communautés. Face à cette concentration excessive du pouvoir, Metreweli insiste sur la nécessité de trouver des personnes capables de guider ces technologies avec sagesse. Des exemples récents en Asie illustrent les dérives possibles de ces technologies.
Le défi à venir, selon la directrice du MI6, ne consiste donc pas seulement à savoir qui contrôle les technologies les plus puissantes, mais aussi qui peut les guider avec la plus grande sagesse possible. Un réveil mondial s’impose.