Publié le 16 octobre 2025 10:59:00. Le récent débat organisé par la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord a révélé les préoccupations des entrepreneurs de la région, tout en soulignant l’importance cruciale de l’unité politique pour mener à bien des projets d’envergure, une leçon tirée de l’histoire locale.
- Les candidats à la mairie de Saguenay ont esquivé les questions précises des entrepreneurs concernant les obstacles administratifs et les défis économiques.
- Luc Boivin a illustré l’importance de la mobilisation citoyenne en citant l’exemple de la route à quatre voies dans la réserve faunique des Laurentides.
- L’historienne Russell-Aurore Bouchard rappelle que l’unité politique a été un facteur déterminant dans la réalisation de projets majeurs pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Le débat organisé le 8 octobre dernier par la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord n’a pas suscité d’étincelles, mais a permis de mettre en lumière les préoccupations pressantes des entrepreneurs de la région. Les questions posées aux candidats à la mairie, issues directement des inquiétudes du monde des affaires, portaient sur des sujets cruciaux tels que le zonage, l’obtention de permis, l’accès à l’espace, les impacts du climat et les délais administratifs.
Les réponses des candidats, Luc Boivin et Jacques Pelletier, ont laissé les entrepreneurs sur leur faim. Elles se sont avérées trop générales et n’ont pas apporté de solutions concrètes. Jacques Pelletier a proposé une approche plus technique, évoquant une polarisation régionale pour faciliter la mise en œuvre de grands projets. Luc Boivin, quant à lui, a mis en avant l’importance de la mobilisation citoyenne.
Pour illustrer son propos, M. Boivin a rappelé l’histoire de la construction de la route à quatre voies dans la réserve faunique des Laurentides. Il a souligné comment une population déterminée, unie derrière un projet ambitieux, avait réussi à convaincre les différents paliers gouvernementaux de financer et de réaliser cette infrastructure essentielle à la prospérité de la région. Il a démontré qu’une volonté collective forte peut surmonter les obstacles et mener à des résultats concrets.
Cette évocation a incité l’auteur à replonger dans l’histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en relisant les chroniques de Russell-Aurore Bouchard. Son ouvrage met en évidence un schéma récurrent : la nécessité d’une unité politique pour transcender les divisions et mener à bien des projets d’envergure.
L’historienne Bouchard relate avec finesse comment la région a su se rassembler autour de projets communs, malgré des divisions historiques, notamment entre le Saguenay et le Lac-Saint-Jean. Elle insiste sur le fait que l’unité des cœurs ne suffit pas ; elle doit être complétée par une unité politique forte.
En 1988, un premier pas vers cette unité s’est manifesté avec la co-présidence d’Accès-Bleuets assurée par Raymond Gagnon, conseiller municipal de Jonquière, et Marina Larouche, conseillère municipale de Chicoutimi. Cet événement, en apparence anodin, symbolisait une volonté de collaboration entre les deux villes.
Par la suite, l’unification des partis politiques a renforcé cette dynamique. Marina Larouche a renoncé à sa carte du Parti québécois, tandis que le député conservateur André Harvey a traversé l’hémicycle pour rejoindre les libéraux au pouvoir. Ces gestes symboliques ont marqué une rupture avec le passé et ont ouvert la voie à une nouvelle ère de coopération.
Comme le souligne Russell-Aurore Bouchard dans ses « Chroniques d’histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean », la connaissance de notre passé est essentielle pour comprendre les enjeux du présent et préparer l’avenir. Les futurs représentants municipaux de Saguenay gagneraient à s’inspirer de ces leçons d’histoire pour mener à bien les projets qui façonneront la région de demain.