Publié le 20 octobre 2023. Les populations autochtones d’Indonésie, premières victimes de la crise climatique, se voient marginalisées dans les politiques d’atténuation et d’adaptation, malgré leur rôle crucial dans la préservation de l’environnement.
- L’Indonésie abrite entre 40 et 70 millions d’autochtones, regroupés en plus de 2 000 communautés.
- Ces communautés sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique, tels que l’élévation du niveau de la mer et les incendies de forêt.
- Leur exclusion des processus décisionnels conduit à la réalisation de projets industriels sur leurs terres sans leur consentement.
Les communautés autochtones indonésiennes portent un fardeau disproportionné face aux conséquences du réchauffement climatique. Elles subissent la perte de leurs foyers et de leurs moyens de subsistance, et sont confrontées à une augmentation des catastrophes naturelles. Pourtant, leur voix reste largement absente des discussions et des actions entreprises pour lutter contre ce phénomène, selon des experts.
L’Indonésie compte une diversité ethnique exceptionnelle, avec plus de 2 000 groupes autochtones répartis sur l’ensemble de l’archipel, représentant entre 40 et 70 millions de personnes, d’après l’Alliance des peuples autochtones de l’archipel (AMAN). Beaucoup de ces communautés vivent dans des zones reculées, côtières ou forestières, dont les droits territoriaux ne sont souvent pas reconnus par l’État. Paradoxalement, ces mêmes territoires jouent un rôle essentiel dans la sauvegarde de la biodiversité et le maintien des écosystèmes.
L’anthropologue Imam Ardhianto, de l’Université d’Indonésie, souligne que cette marginalisation est une conséquence directe de l’exclusion des populations autochtones des politiques publiques. Il explique que leur situation ne cesse de se détériorer avec la progression du réchauffement climatique.
« Il y a eu des réglementations contradictoires qui marginalisent les communautés autochtones dans la politique publique »,
Imam Ardhianto, anthropologue à l’Université d’Indonésie
Cette absence de reconnaissance se traduit également par un faible pouvoir de négociation, qui permet la mise en œuvre de projets industriels et de développement sur leurs terres sans leur consentement préalable, libre et éclairé.
« Aucun engagement n’autorise ces communautés à refuser leur consentement à toute activité affectant leurs terres, même s’il est très essentiel de leur fournir un espace pour qu’elles puissent s’exprimer. »
Imam Ardhianto, anthropologue à l’Université d’Indonésie
La Société des journalistes scientifiques indonésiens (SISJ) a organisé une discussion samedi dernier sur cette question, mettant en lumière l’urgence d’une meilleure prise en compte des droits et des besoins des populations autochtones dans la lutte contre le changement climatique.
