Home NouvellesLes groupes de lutte contre la faim du Nevada s’efforcent de répondre à une demande record. La pause SNAP n’est qu’une des raisons.

Les groupes de lutte contre la faim du Nevada s’efforcent de répondre à une demande record. La pause SNAP n’est qu’une des raisons.

by Nicolas Lefèvre

La crainte d’un Thanksgiving plus frugal plane sur le Nevada. Plusieurs associations d’aide alimentaire s’inquiètent de leur capacité à répondre à la demande croissante, fragilisées par des coupes budgétaires fédérales et une situation économique incertaine.

À retenir

  • Les organisations caritatives du Nevada craignent de ne pas pouvoir répondre à la demande alimentaire accrue pour Thanksgiving.
  • Le gel des financements fédéraux et la réduction des prestations SNAP mettent en péril les programmes d’aide alimentaire.
  • La Banque alimentaire du nord du Nevada prévoit une augmentation de 25 % de la demande.

L’an passé, les Services sociaux luthériens du Nevada (LSSN), une organisation à but non lucratif basée à Las Vegas, avait distribué 800 dindes à des familles dans le besoin. Cette année, l’association se retrouve dans l’incertitude, incapable de garantir qu’elle pourra renouveler cette action.

La suspension des financements fédéraux, conséquence de la fermeture partielle du gouvernement américain, menace directement les efforts de distribution de nourriture, qui dépendent en partie de subventions fédérales. Le LSSN a été contraint de reconsidérer sa collecte annuelle de repas de Thanksgiving et a même dû fermer les portes de son garde-manger le 23 octobre.

« Ce qui nous affecte le plus, en tant que personnes travaillant ici, ce n’est pas seulement notre propre difficulté, mais l’incapacité à orienter les gens vers d’autres solutions », explique Tim Bedwell, directeur exécutif du LSSN. « Le système tout entier est à bout de souffle. »

Contexte

Les associations d’aide alimentaire du Nevada sont confrontées à des budgets de plus en plus serrés, alors que le nombre de personnes ayant besoin d’aide ne cesse d’augmenter. Certaines signalent même une demande supérieure à celle observée pendant la pandémie de COVID-19. Cette pression financière est due à la fois à la fermeture du gouvernement et aux réductions des programmes d’aide alimentaire approuvés cet été, ainsi qu’à l’augmentation du coût de la vie, qui dépasse l’évolution des salaires et se traduit par des prix plus élevés à l’épicerie.

En 2023, 15 % de la population du Nevada, soit près de 482 000 personnes, étaient en situation d’insécurité alimentaire, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne nationale de 14 %. Les prévisions indiquent une nouvelle augmentation de ces chiffres cette année.

Ce qui change

La fermeture actuelle du gouvernement fédéral a empêché l’envoi des prestations du Programme d’assistance nutritionnelle supplémentaire (SNAP) à près d’un demi-million de Nevadois le 1er novembre. Bien qu’une décision de justice favorable ait permis de débloquer des milliards de dollars de fonds d’urgence fédéraux pour le SNAP vendredi dernier, et que l’État ait mobilisé plus de 38 millions de dollars (environ 40 millions de dollars américains) pour les garde-manger jeudi, la perte, même partielle, des 90 millions de dollars (environ 96 millions de dollars américains) de prestations SNAP mensuelles pèse lourdement sur l’ensemble de l’écosystème d’aide alimentaire de l’État.

L’administration Trump a averti que le versement des prestations de novembre pourrait prendre plusieurs semaines et que les montants pourraient être réduits de moitié. La Banque alimentaire du nord du Nevada (FBNN) anticipe une augmentation de 25 % de la demande, ce qui représente environ 40 000 nouvelles personnes ayant recours à ses services pour la première fois.

Three Square, la principale banque alimentaire du sud du Nevada, a constaté une augmentation de 16 % du nombre de visiteurs au cours des quatre derniers mois, dont les trois quarts étaient des nouveaux clients. Les employés fédéraux en congé et les habitants du Nevada confrontés à la hausse des coûts de la vie expliquent cette augmentation.

Prochaines étapes

Dawn Blundell, pasteur principal de l’église méthodiste unie d’Epworth à Fallon, souligne l’importance des fêtes comme moment de partage et de gratitude. « On prend conscience de notre interdépendance et de notre reconnaissance pour ce qui nous est donné », explique-t-elle.

Le major Kyle Smith, coordinateur du comté de Clark pour l’Armée du Salut du sud du Nevada, insiste sur le fait que l’accès à un repas de Thanksgiving est une question de dignité, permettant à de nombreux parents d’éviter d’annoncer à leurs enfants qu’ils ne peuvent pas se permettre un repas traditionnel.

Kelli Kelly, conseillère en systèmes alimentaires pour le Nevada Small Business Development Center, craint que les enfants privés d’un repas de Thanksgiving ne se sentent exclus. « Chaque enfant mérite de se sentir à sa place à table », affirme-t-elle.

Selon l’organisation nationale à but non lucratif Feeding America, pour chaque repas fourni par les associations caritatives alimentaires, le SNAP en couvre neuf. Tim Bedwell souligne la nécessité de renforcer le rôle des garde-manger, mais déplore la suspension temporaire des activités du LSSN depuis le 23 octobre, en raison du manque de financement fédéral.

Le LSSN a besoin de 40 000 $ (environ 42 500 dollars américains) pour redémarrer ses opérations et maintenir son activité pendant deux semaines.

La FBNN oriente ses clients vers d’autres partenaires du nord du Nevada qui proposent des repas de Thanksgiving. Plusieurs organisations, dont l’Armée du Salut du sud du Nevada, les œuvres caritatives catholiques du sud du Nevada, le Community Food Pantry et la Fondation du service de police du métro de Las Vegas, ont confirmé qu’elles continueraient à organiser des collectes de nourriture pour les fêtes.

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