Home Santé“Cela peut nous amener à agir de manière plus impulsive”

“Cela peut nous amener à agir de manière plus impulsive”

by Sophie Martin

Publié le 2 novembre 2025 16h00. La colère, une émotion intense et souvent déstabilisante, peut nous faire perdre le contrôle en un instant. Les neurosciences expliquent comment ce phénomène, appelé « détournement de l’amygdale », se produit dans notre cerveau et proposent des techniques pour mieux la gérer.

  • La colère est liée à une réaction physiologique intense, le « détournement de l’amygdale », qui affecte temporairement le fonctionnement du cortex préfrontal.
  • Reconnaître et nommer l’émotion, sans la réprimer, permet d’activer des zones du cerveau impliquées dans le contrôle des impulsions.
  • Des techniques de respiration, comme expirer plus longtemps qu’inspirer, peuvent aider à calmer le système nerveux et à désamorcer la colère.

Lorsque la colère nous submerge, il ne s’agit pas d’une simple perte de contrôle, mais d’un processus neurologique bien précis. Raquel Mascaraque, experte en neurosciences, explique dans une vidéo comment notre cerveau réagit face à un pic de stress et quelles stratégies peuvent nous aider à retrouver notre calme.

Selon Mascaraque, ce mécanisme est connu sous le nom de « détournement de l’amygdale », un terme popularisé en 1995 par le psychologue Daniel Goleman. L’amygdale, structure cérébrale essentielle au traitement des émotions, interagit différemment avec le cortex préfrontal – responsable de la planification, de l’organisation et de la prise de décision rationnelle – lors d’un épisode de colère intense.

« Quand on ressent un pic de stress très élevé, les catécholamines comme la dopamine ou l’adrénaline altèrent temporairement la fonctionnalité du cortex préfrontal », précise la spécialiste. Cela peut nous conduire à agir de manière impulsive ou imprudente. Il ne s’agit pas d’un conflit entre les deux parties du cerveau, mais d’une perturbation temporaire de leur équilibre.

L’hyperactivation de l’amygdale peut également être influencée par notre interprétation d’une situation, un processus dans lequel le cortex préfrontal joue également un rôle.

Comment agir lorsque la colère nous envahit

Face à un accès de colère, Mascaraque recommande de reconnaître l’émotion sans chercher à la refouler. « La première chose que nous devons faire est d’étiqueter l’émotion et de ne pas l’invalider, de lui donner son espace. Je suis très en colère, je ne sais pas pourquoi, mais je suis très en colère », explique-t-elle. Cet exercice simple active le cortex préfrontal ventrolatéral, une zone du cerveau liée au contrôle des impulsions et à la régulation comportementale.

Même si exprimer sa colère ne la fait pas disparaître instantanément, cela en diminue l’intensité et permet de reprendre le contrôle.

La respiration peut également être un outil précieux pour se calmer. « Nous devons réguler le système nerveux autonome et pour ce faire, nous devons réguler le système nerveux autonome. Expirer va beaucoup nous aider », souligne-t-elle. Mascaraque propose une technique simple : expirer plus longtemps qu’inspirer. Compter mentalement les secondes de chaque respiration permet de focaliser l’attention sur le présent et de rompre la boucle de pensée négative. « Je veux que vous pensiez aux chiffres, car cela incitera votre cerveau à se concentrer sur le comptage plutôt que sur ce qui vous met si en colère », explique-t-elle.

@raquelmascaraque Comment combattre la rage et la colère ? (Enlèvement émotionnel)

La spécialiste rappelle que gérer la colère ne signifie pas la supprimer, mais plutôt comprendre son origine. « L’intelligence émotionnelle ne consiste pas à contrôler vos émotions, mais à apprendre à interpréter ce que votre cerveau et votre corps vous disent, car plus vous les écoutez, moins ils crient », conclut-elle.

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