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Les indicateurs les plus importants d’une bonne condition physique

by Sophie Martin

Publié le 9 novembre 2025 à 12h32. L’obsession croissante pour le suivi quantitatif de l’activité physique, via montres connectées et applications, soulève des questions sur la pertinence de ces chiffres pour évaluer réellement l’état de santé. Des experts mettent en garde contre une interprétation trop littérale de ces données.

  • Les indicateurs de forme physique, bien que motivants, ne garantissent pas une santé optimale et nécessitent une analyse contextualisée.
  • Le test du kilomètre (1,6 kilomètre), souvent utilisé pour évaluer l’endurance, n’offre qu’une estimation de la capacité aérobie et sa corrélation avec la santé cardiovasculaire reste incertaine.
  • La force musculaire, mesurée par des exercices comme les pompes et les tractions, est un indicateur important de santé, mais les objectifs doivent être adaptés à chaque individu.

Compter ses pas, enregistrer les kilomètres parcourus et accumuler les répétitions fait désormais partie du quotidien de millions de personnes soucieuses d’améliorer leur condition physique. Cependant, l’essor des dispositifs de mesure et des applications qui quantifient l’exercice physique pose une question fondamentale : ces chiffres reflètent-ils véritablement l’état de santé ? Selon les experts interrogés par National Geographic, la réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît.

La popularité des indicateurs de forme physique se manifeste à travers les montres intelligentes et les plateformes comme TikTok, où les défis #FitTok et les anneaux d’activité influencent les habitudes sportives de nombreuses personnes. Malgré cet engouement, Mathias Sorensen, physiologiste de l’exercice au Human Performance Center de l’UCSF, met en garde :

« Il n’est pas si simple de dire que si vous pouvez faire vingt pompes ou courir un mile en dix minutes, vous êtes en pleine forme. »

Mathias Sorensen, physiologiste de l’exercice au Human Performance Center de l’UCSF

Ces tests peuvent indiquer des corrélations, mais ne garantissent pas une santé optimale. National Geographic souligne que, même s’ils peuvent être motivants, ces chiffres nécessitent une interprétation contextualisée.

La course d’un mile (1,6 kilomètre) est l’un des indicateurs d’endurance aérobie les plus populaires, fréquemment utilisé dans les milieux militaires et sportifs. Michael Fredericson, professeur de médecine physique et de réadaptation à l’université de Stanford, explique que ce test permet d’évaluer la capacité aérobie d’une personne. Sorensen convient que cette distance est pertinente pour estimer la consommation maximale d’oxygène (VO2 max), la plupart des personnes la parcourant en sept à dix minutes, ce qui permet d’approcher ce paramètre.

Un VO2 max élevé est généralement associé à un risque moindre de maladies cardiovasculaires, bien que Fredericson et d’autres experts soulignent que la mesure la plus précise n’est obtenue qu’en laboratoire. De plus, les études sur le moment idéal pour parcourir le kilomètre et sa relation directe avec la santé cardiovasculaire présentent des résultats limités et souvent contradictoires.

VO2 max et
Le VO2 max et le kilomètre parcouru sont des indicateurs populaires de l’endurance aérobie, mais leur précision dépend des tests en laboratoire. Photo : Christin Klose/dpa

Riche Souza, professeur et vice-doyen de la recherche à l’Université de Californie à San Francisco, souligne qu’il n’existe pas de chiffre universellement accepté pour ces tests.

« Nous ne savons pas quel est le numéro correct pour chaque personne. »

Riche Souza, professeur et vice-doyen de la recherche à l’Université de Californie à San Francisco

Elle attribue cette incertitude au manque de financement dans la recherche sur le bien-être. Néanmoins, elle précise que ce manque d’essais cliniques randomisés n’invalide pas l’utilité des indicateurs.

Fredericson recommande de privilégier l’amélioration relative et les capacités fonctionnelles plutôt que les chiffres absolus. Pour les personnes à mobilité réduite, Brad Schönfeld, professeur de sciences de l’exercice au Lehman College, suggère le vélo ou l’aviron comme alternatives pour évaluer la capacité aérobie.

En ce qui concerne la force musculaire, les pompes restent une référence classique et accessible. Fredericson souligne que le nombre de pompes est associé à un risque moindre de crise cardiaque et d’autres événements cardiovasculaires, car cet exercice sollicite plusieurs groupes musculaires et augmente la fréquence cardiaque, mettant à l’épreuve à la fois la force et l’endurance. Sorensen insiste sur l’importance de la masse musculaire comme facteur de protection contre diverses maladies et recommande de viser un nombre important de pompes, au-delà d’une ou deux répétitions. Les paramètres recommandés sont les suivants :

  • Hommes de moins de 50 ans : entre vingt-cinq et trente pompes consécutives.
  • Hommes de plus de 50 ans : entre quinze et vingt répétitions.
  • Femmes de moins de 50 ans : un peu plus d’une vingtaine de répétitions.
  • Femmes de plus de 50 ans : environ dix-huit répétitions.

Schönfeld met en garde contre le danger de devenir obsédé par des objectifs arbitraires :

« La santé existe sur un continuum. Ce n’est pas parce que vous pouvez faire neuf pompes au lieu de dix que vous n’atteignez pas vos objectifs liés à la santé. »

Brad Schönfeld, professeur de sciences de l’exercice au Lehman College

Des pompes et
Les pompes et les tractions sont associées à un risque cardiovasculaire plus faible et constituent des références clés pour évaluer la force musculaire. (Crédit : Freepik)

Les tractions sont également considérées comme un bon indicateur de l’équilibre entre la masse musculaire et la graisse corporelle, bien que Sorensen reconnaisse que cet exercice représente davantage un défi technique que de force pure. À titre de référence, il suggère que les hommes visent dix tractions consécutives et que les femmes en visent quatre.

Enfin, Sorensen valorise la mobilité articulaire, souvent négligée au profit de la force et de l’endurance, comme un facteur fondamental de santé et d’autonomie fonctionnelle à long terme. Fredericson explique qu’avec l’âge, la flexibilité et la mobilité diminuent, ce qui peut entraîner une perte de capacité à effectuer des activités quotidiennes telles que se lever du sol ou d’une chaise.

Des tests tels que le test « s’asseoir et atteindre » (toucher les pieds avec les mains) mesurent la flexibilité du dos et des ischio-jambiers, bien que Fredericson considère le test assis-debout comme plus complet, car il intègre la mobilité, l’équilibre et la coordination, en plus d’être lié au risque de mortalité.

« Pouvez-vous vous lever du sol sans utiliser vos mains ? Si vous le pouvez, vous disposez probablement d’une bonne force et d’une bonne mobilité. »

Michael Fredericson, professeur de médecine physique et de réadaptation à l’université de Stanford

Pour maintenir ou améliorer ces indicateurs, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande au moins 150 minutes d’activité aérobique modérée par semaine, complétées par deux séances de musculation pour préserver la résistance, la masse musculaire et la densité osseuse. Les spécialistes insistent sur le fait que la fréquence et la cohérence sont plus importantes que les chiffres spécifiques et que les tests doivent être adaptés aux capacités individuelles, en particulier chez les personnes ayant des limitations physiques.

En conclusion, les experts interrogés par National Geographic s’accordent à dire que, bien que les critères de référence puissent être encourageants, la clé d’une bonne santé réside dans des progrès constants, une variété d’entraînement et la capacité de bouger confortablement dans la vie quotidienne.

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