Publié le 23 octobre 2024 19:07:00. Une nouvelle étude australienne suggère que l’imagerie par résonance magnétique (IRM) de la langue pourrait permettre de détecter précocement et de suivre l’évolution de la maladie du motoneurone (MND), offrant ainsi de nouvelles perspectives pour le diagnostic et le traitement.
- L’analyse du volume et de la forme des muscles de la langue par IRM, combinée à l’intelligence artificielle, permet de distinguer les patients atteints de MND des personnes saines.
- Une diminution du volume de la langue est corrélée à un pronostic plus défavorable et pourrait aider à estimer l’espérance de vie des patients.
- La perte de la parole est souvent perçue comme plus invalidante par les patients que la perte de la capacité à manger ou à marcher.
Des chercheurs de l’Université du Queensland (UQ) en Australie ont mis au point une méthode d’analyse basée sur l’IRM qui pourrait révolutionner la prise en charge de la maladie du motoneurone, également connue sous le nom de sclérose latérale amyotrophique (SLA). Les personnes atteintes de cette maladie neurodégénérative progressive présentent des difficultés d’élocution et de déglutition, et leurs muscles de la langue ont tendance à s’affaiblir avec le temps.
L’étude, publiée dans la revue Computers in Biology and Medicine, s’appuie sur l’examen de plus de 200 IRM existantes. Grâce à l’intelligence artificielle et à des techniques d’imagerie avancées, les scientifiques ont pu mesurer avec précision le volume et la forme des huit muscles interconnectés de la langue, chacun jouant un rôle spécifique dans la mastication, la déglutition et la parole. Ils ont constaté des différences significatives entre les patients atteints de MND et les sujets sains.
Selon Thomas Shaw, neuroscientifique et spécialiste de l’IRM à l’UQ, qui a dirigé les travaux,
« Les personnes ayant un volume de langue plus petit ont le pire pronostic. »
Thomas Shaw, neuroscientifique et spécialiste de l’IRM, Université du Queensland
Cette mesure pourrait donc non seulement affiner le diagnostic, mais aussi aider à prédire l’évolution de la maladie et à orienter les patients vers des essais cliniques adaptés plus rapidement.
Brooke-Mai Whelan, co-auteure de l’étude et orthophoniste à la Faculté des sciences de la santé et de la réadaptation de l’UQ, souligne l’importance de la fonction de la langue pour la qualité de vie des patients.
« Lorsque la fonction de la langue est affectée, la déglutition peut devenir dangereuse et la parole difficile à comprendre. »
Brooke-Mai Whelan, orthophoniste, Université du Queensland
Elle ajoute que les patients rapportent souvent que la perte de la parole est plus dévastatrice que les autres symptômes de la maladie, ce qui renforce l’intérêt de développer des interventions précoces pour préserver cette fonction, comme la sauvegarde de la voix.
