Home SantéMédicaments non utilisés : quels leviers contre le gaspillage ?

Médicaments non utilisés : quels leviers contre le gaspillage ?

by Sophie Martin
Un coût annuel de 517 millions d'euros pour la Sécurité sociale

L’Assurance Maladie et l’ANSM ont révélé, le 24 juin 2026, que le gaspillage des médicaments non utilisés coûte 517 millions d’euros par an à la France. Bien que les volumes collectés par Cyclamed aient chuté de 30 % depuis 2022, 7 675 tonnes de produits sont toujours détruites annuellement, impactant l’économie et l’environnement.

Un coût annuel de 517 millions d’euros pour la Sécurité sociale

Un coût annuel de 517 millions d'euros pour la Sécurité sociale
Photo: Le Moniteur des pharmacies
Le gaspillage pharmaceutique pèse lourdement sur les finances publiques. Selon les données rapportées par BFM, l’Assurance Maladie rembourse chaque année environ 517 millions d’euros pour des boîtes de médicaments qui ne sont jamais consommées. Le chiffre est d’autant plus critique que 278 millions d’euros concernent des produits qui n’étaient même pas périmés au moment de leur retour en pharmacie. Ce gâchis financier survient alors que le déficit de la Sécurité sociale pour la fin de l’année 2026 est estimé à 23,2 milliards d’euros, un montant bien plus élevé que les 19,4 milliards initialement attendus. L’impact ne se limite pas au budget. Sur le plan écologique, la production des médicaments consommés en France génère 9,1 millions de tonnes de CO2 par an, d’après un rapport du Shift Project publié en 2025.

L’étude PERIMED : quatre classes thérapeutiques dominent le gaspillage

L'étude PERIMED : quatre classes thérapeutiques dominent le gaspillage
Photo: Sud Ouest
Pour identifier les causes de ce phénomène, l’ANSM, l’Assurance Maladie et Cyclamed ont lancé l’étude PERIMED. Basée sur l’analyse de 32 840 unités collectées entre avril et juillet 2025, cette analyse statistique révèle une concentration massive des retours sur quelques catégories de soins. Comme le souligne Santé Mentale, 80 % des unités étudiées appartiennent à seulement quatre classes thérapeutiques :
  • Système respiratoire : 25 %
  • Système digestif et métabolisme : 21 %
  • Système nerveux : 21 %
  • Système cardiovasculaire : 13 %
Les produits les plus fréquemment retrouvés dans les bacs de collecte sont les antalgiques (paracétamol, tramadol), les laxatifs (macrogol, lactulose) et les antibiotiques (amoxicilline, amoxicilline/acide clavulanique).

Le paradoxe des médicaments non périmés et sous prescription

Médicaments non utilisés : une brèche est ouverte
L’un des résultats les plus marquants de l’étude est la proportion de produits encore utilisables. Quatre boîtes sur dix rapportées en pharmacie ne sont pas périmées. L’Assurance Maladie et l’ANSM, via communiqué L’analyse publiée par Sud Ouest précise que 70 % des unités collectées sont des médicaments à prescription obligatoire. Ce chiffre indique que le gaspillage ne provient pas seulement de l’automédication, mais d’un dysfonctionnement dans la chaîne de prescription et de délivrance. Plusieurs facteurs expliquent cette non-consommation. La non-observance est majeure : certains patients interrompent leur traitement prématurément à cause d’effets indésirables ou d’une amélioration rapide des symptômes. D’autres causes incluent des prescriptions “au cas où”, notamment pour les antalgiques, ou des dates de péremption trop courtes pour des produits courants comme les antihistaminiques.

L’adaptation des conditionnements et le rôle des professionnels de santé

L'adaptation des conditionnements et le rôle des professionnels de santé
Photo: BFM
Pour freiner cette hémorragie, des leviers d’action concrets sont désormais envisagés à destination des laboratoires et des praticiens. Selon Le Moniteur des Pharmacies, l’industrie pharmaceutique est invitée à adapter la taille des boîtes aux besoins réels des patients pour éviter les surplus. L’allongement des dates de péremption est également à l’étude pour certains médicaments courants, notamment :
  • Le paracétamol
  • L’ibuprofène
  • L’lopéramide et le racécadotril (antidiarrhéiques)
Le rôle des médecins et des pharmaciens est jugé crucial. Depuis le début de l’année 2026, les médecins sont engagés vers des prescriptions plus sobres, incluant des consultations de déprescription pour les patients polymédiqués. De leur côté, les pharmaciens doivent s’assurer, avant chaque renouvellement, que le patient n’a pas déjà des stocks inutilisés chez lui. L’étude souligne que ces retours massifs résultent souvent d’une accumulation de facteurs : L’Assurance Maladie et l’ANSM, via communiqué Face à l’urgence budgétaire, les pouvoirs publics pourraient envisager des mesures plus restrictives, comme l’augmentation des franchises médicales ou une baisse des taux de prise en charge, pour compenser les pertes liées à ce gaspillage. L’information générale ne remplace pas un avis médical. Pour toute question concernant vos traitements ou l’utilisation de vos médicaments, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.

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