L’Institut national de santé publique du Québec a signalé la présence de tiques étoilées dans la Capitale-Nationale et à Montréal en 2025. Ces parasites peuvent provoquer le syndrome alpha-gal, rendant les humains allergiques à la viande rouge. Parallèlement, la Nouvelle-Écosse observe une hausse marquée de l’anaplasmose chez les animaux domestiques.
L’apparition de la tique étoilée au Québec
Le Québec fait face à l’arrivée d’une espèce de parasite distincte de la tique à pattes noires, déjà largement implantée dans la province. Selon un rapport de Noovo Info, deux tiques étoilées ont été répertoriées dans la Capitale-Nationale via la plateforme eTick : la première le 16 mai à Stoneham et la seconde le 21 juin à Saint-Augustin-de-Desmaures. Deux autres spécimens ont également été signalés dans la région de Montréal. La tique étoilée se reconnaît à la marque en forme d’étoile sur son dos. Elle est décrite comme étant plus rapide, plus agressive et piquant plus fréquemment que la tique à pattes noires. Bien que cette espèce soit originaire du Mexique et du sud-est des États-Unis, elle semble actuellement étendre son territoire vers le nord. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) tente toutefois de tempérer l’inquiétude. La conseillère scientifique de l’organisme, Kirsten Crandall, indique que ces tiques ont probablement été transportées par des oiseaux migrateurs et ne sont pas nécessairement installées durablement, car elles nécessitent des températures plus chaudes que celles observées actuellement au Québec.Le mécanisme du syndrome alpha-gal
Le risque majeur associé à la tique étoilée n’est pas une infection bactérienne classique, mais une réaction immunitaire. La morsure peut déclencher le syndrome alpha-gal, une condition qui provoque une allergie à la viande rouge. Le processus biologique repose sur la présence d’un sucre spécifique, l’alpha-gal, dans les glandes salivaires de la tique étoilée d’Amérique. Lors de la morsure, ce sucre est introduit dans le sang humain. Une fois mélangée à d’autres molécules, cette substance peut modifier la réponse immunitaire du patient, rendant la consommation de mammifères problématique.L’explosion de l’anaplasmose en Nouvelle-Écosse
- Année 2025 (janvier à décembre) : environ 128 cas positifs d’anaplasmose.
- Année 2026 (janvier à juin) : déjà 97 cas positifs.
L’impact du climat sur la survie des tiques

- La couverture neigeuse : L’épaisseur de la neige durant l’hiver dernier a protégé les tiques du gel, permettant à un plus grand nombre de survivre.
- Le printemps humide : Un début de saison froid et humide a créé un environnement idéal pour l’activité des parasites.
Mesures de prévention et risques persistants
Face à la diversité des menaces — qu’il s’agisse du syndrome alpha-gal au Québec ou de l’anaplasmose dans les provinces maritimes — les autorités de santé maintiennent des recommandations strictes. L’INSPQ préconise les mêmes mesures pour la tique étoilée que pour la tique à pattes noires. Pour limiter les risques, il est conseillé de porter des vêtements longs lors de sorties en extérieur et d’effectuer une inspection minutieuse de l’ensemble du corps au retour à la maison. Chez les animaux, bien que les traitements préventifs mensuels et les vaccins soient recommandés, ils ne garantissent pas une protection absolue, comme le démontre le cas de chiens traités ayant tout de même contracté l’anaplasmose. L’évolution rapide de la répartition géographique des tiques souligne la nécessité d’une surveillance accrue. L’arrivée d’espèces exotiques et la résistance des populations locales aux hivers canadiens transforment la gestion des risques sanitaires liés aux arthropodes en un défi permanent pour la santé publique et vétérinaire. Note : Cet article est fourni à titre informatif. Pour tout symptôme ou doute concernant une morsure de tique, veuillez consulter un professionnel de la santé ou un vétérinaire qualifié.Find more reporting in our Santé section.