Les jeunes adultes, souvent décrits comme des « natifs du numérique », ne sont pas pour autant à l’abri des arnaques en ligne. Une enquête récente révèle que près de la moitié de la génération Z (personnes nées entre 1997 et 2012) ne parvient pas à identifier les signaux d’alerte typiques du phishing, une technique frauduleuse de plus en plus sophistiquée.
Le phishing, qui tire son nom des mots anglais « fishing » (pêche) et « phreaking » (piratage), consiste à tromper les utilisateurs pour qu’ils divulguent des informations sensibles – mots de passe, coordonnées bancaires, etc. – en se faisant passer pour une entité de confiance, via de faux courriels ou sites web. Les cybercriminels utilisent ainsi un appât, comme un message semblant légitime, dans l’espoir que les victimes mordent à l’hameçon et communiquent leurs données personnelles.
L’étude, menée par YouGov pour l’initiative de sensibilisation à la sécurité en ligne (ISH), montre que 77 % des internautes interrogés se montrent prudents face aux demandes de données de compte ou d’accès, mais ce chiffre tombe à 69 % chez la génération Z. De même, 73 % des utilisateurs de tous âges sont sceptiques face aux demandes urgentes, contre 62 % pour les plus jeunes.
Les faiblesses de la génération Z sont particulièrement flagrantes en matière de reconnaissance des adresses électroniques suspectes (63 % de reconnaissance, contre 68 % pour l’ensemble des internautes), des liens défectueux (68 % contre 68 %) et des fautes d’orthographe (63 % contre 67 %). Cependant, c’est la vigilance face aux pièces jointes inattendues qui est la plus faible : seulement 51 % des membres de la génération Z se montrent méfiants, contre 58 % de l’ensemble des répondants.
« Les résultats montrent clairement que de nombreux internautes sous-estiment les risques », souligne Harald Schmidt, porte-parole de l’initiative ISH. « Le phishing est adaptable, professionnel et cible toutes les générations, que ce soit par le biais de fausses notifications de sécurité, d’avis de livraison ou de messages personnels. Notre message est simple : arrêtez-vous, remettez en question, protégez-vous. Une brève vérification d’un message peut vous éparger, ainsi qu’aux autres, de graves préjudices. »
L’enquête, réalisée en ligne du 8 au 10 septembre 2025, a recueilli les réponses de 2 044 adultes résidant en Allemagne. Les chiffres sont représentatifs de la population allemande âgée de 18 ans et plus, selon YouGov.
L’ISH est une initiative conjointe de la prévention de la police criminelle des États fédéraux et du Bureau fédéral de la police criminelle (BKA), de la Fondation allemande pour la prévention de la criminalité (DFK), d’« Allemagne en toute sécurité sur le net » (DSIN) et de Risk Identity and Classifieds.