Home MondeLes jeunes souverainistes montréalais aspirent à l’indépendance du Québec, 30 ans après le référendum

Les jeunes souverainistes montréalais aspirent à l’indépendance du Québec, 30 ans après le référendum

by Clara Dubois

Publié le 26 octobre 2025 17:16:00. Des centaines de Montréalais ont manifesté samedi pour réaffirmer leur désir de voir le Québec devenir un pays souverain, un mouvement rajeuni à l’approche du 30e anniversaire du référendum de 1995.

  • Un défilé a rassemblé des centaines de personnes dans le centre-ville de Montréal, témoignant d’un regain d’intérêt pour l’indépendance du Québec.
  • La nouvelle génération, notamment la Gen Z, semble jouer un rôle de plus en plus important dans le mouvement souverainiste, voyant l’indépendance comme une solution aux défis contemporains.
  • Le Parti Québécois (PQ), actuellement en tête des sondages, espère organiser un troisième référendum d’ici 2030.

La marche, qui s’est déroulée dans les rues de Montréal, intervient à quelques semaines du 30e anniversaire du référendum de 1995, qui s’était soldé par un vote serré en faveur du « non » (50,58 %). Un premier référendum, en 1980, avait également vu la victoire des fédéralistes, avec 40,44 % des voix en faveur de la souveraineté.

Camille Goyette-Gingras, présidente de OUI Québec, l’un des principaux organisateurs du rassemblement, a souligné l’engagement croissant des jeunes dans le mouvement.

« La génération Z recherche un changement systémique, et pour elle, l’indépendance, c’est exactement cela. »

Camille Goyette-Gingras, présidente de OUI Québec

Elle décrit ce regain d’intérêt comme le début d’un vaste mouvement citoyen et non partisan.

De nombreux étudiants de cégeps et d’universités ont participé à la marche aux côtés de ceux qui ont vécu les référendums précédents. Des figures politiques comme Manon Massé, députée de l’opposition, et Ruba Ghazal, de Québec solidaire, ont également rejoint la foule, scandant des slogans tels que « Le Québec, un pays ! »

Laure Fateux et Olivia Bégin, étudiantes au Cégep du Vieux-Montréal, ont exprimé la conviction que l’indépendance est essentielle pour préserver la culture, la langue et l’histoire québécoises.

« Je pense qu’il est important que le Québec devienne un pays, afin qu’il puisse préserver sa culture, sa langue et son histoire. »

Laure Fateux, étudiante au Cégep du Vieux-Montréal

Olivia Bégin a quant à elle rappelé que ses parents et grands-parents avaient voté en faveur de la souveraineté en 1980 et 1995, soulignant la continuité du mouvement à travers les générations.

Leonard Vidal, également étudiant au Cégep du Vieux-Montréal, estime que l’indépendance est la seule voie pour échapper au « statu quo » du gouvernement canadien, qu’il qualifie d’« État colonial et pétrolier ». Catherine Lamoureux-Schmidt, étudiante à l’Université du Québec à Montréal, partage cet avis, affirmant que devenir un pays est la seule solution.

Lamoureux-Schmidt et Vidal sont à l’origine d’une coalition pancébécoise de groupes étudiants qui a vu le nombre de ses membres passer de cinq à vingt-deux en un an. Cette coalition se veut strictement non partisane et prône une relation « de nation à nation » avec les Premières Nations du Québec, en insistant sur la nécessité de les consulter avant toute décision.

« Nous ne voulons pas construire un autre pays sans les écouter. »

Catherine Lamoureux-Schmidt, étudiante à l’Université du Québec à Montréal

Du côté des libéraux, Pablo Rodriguez, chef du Parti libéral du Québec, a mis en garde contre les conséquences d’une indépendance, affirmant qu’un Québec souverain serait économiquement affaibli.

« Nous ne serions pas dans la même situation économique, nous ne ferions pas partie du G7 et nous devrions renégocier nos accords de libre-échange. »

Pablo Rodriguez, chef du Parti libéral du Québec

Il a fait écho aux avertissements émis par ses prédécesseurs sur ce sujet.

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