Publié le 29 septembre 2025 04h00. Une nouvelle étude révèle un lien potentiel entre l’exposition aux microplastiques et l’aggravation de l’ostéoporose, une maladie fragilisant les os, en perturbant le renouvellement cellulaire essentiel à leur maintien.
- L’exposition aux microplastiques pourrait stimuler la formation d’ostéoclastes, des cellules qui dégradent le tissu osseux.
- Des études sur des animaux montrent une accumulation de microplastiques associée à une diminution des globules blancs et à une détérioration de la structure osseuse.
- Les chercheurs appellent à une réduction urgente de l’utilisation des plastiques face à cette nouvelle menace pour la santé osseuse.
L’ostéoporose, une maladie caractérisée par une diminution de la densité osseuse, affecte des millions de personnes dans le monde. Elle résulte d’un déséquilibre entre la formation de nouveau tissu osseux et la résorption de l’os existant, rendant les fractures plus fréquentes. De nombreux facteurs de risque sont déjà connus, tels que l’âge, le sexe, les antécédents familiaux, le régime alimentaire et certains médicaments. Une nouvelle recherche suggère que l’exposition aux microplastiques pourrait s’ajouter à cette liste.
Une analyse récente, publiée dans la revue Osteoporosis International, a examiné 62 études scientifiques portant sur les effets des micro- et nanoplastiques sur les os. Les chercheurs ont constaté que les microplastiques, ces minuscules particules de plastique (de 1 micromètre (un millième de millimètre) à 5 millimètres) issues de la dégradation d’objets du quotidien, peuvent perturber le fonctionnement des cellules souches de la moelle osseuse, essentielles à la régénération osseuse.
Les expériences en laboratoire ont révélé que les microplastiques favorisent la formation d’ostéoclastes, les cellules responsables de la dégradation du tissu osseux. Ce processus, appelé résorption, est normal, mais un excès peut entraîner un affaiblissement de la structure osseuse. De plus, les particules plastiques peuvent réduire la viabilité des cellules osseuses, induire un vieillissement cellulaire prématuré, modifier l’expression des gènes et provoquer des réactions inflammatoires, créant un déséquilibre délétère.
Les études menées sur des animaux ont confirmé ces observations. L’accumulation de microplastiques dans l’organisme a été associée à une diminution du nombre de globules blancs, indiquant une altération de la fonction de la moelle osseuse. De plus, ces études suggèrent que l’impact des microplastiques sur les ostéoclastes peut entraîner une détérioration de la microstructure osseuse et la formation de structures cellulaires irrégulières, augmentant ainsi le risque de fragilité, de déformations et de fractures.
« Dans cette étude, les effets indésirables observés ont culminé, de manière inquiétante, dans l’interruption de la croissance squelettique des animaux. L’impact potentiel des microplastiques sur les os fait l’objet d’études scientifiques et n’est pas négligeable. »
Rodrigo Bueno de Oliveira, coordinateur du laboratoire pour l’évaluation des troubles minéraux et osseux en néphrologie à l’Université d’État de Campinas au Brésil
L’équipe du professeur Oliveira poursuit ses recherches pour établir un lien plus solide entre l’exposition aux microplastiques et la détérioration osseuse, en évaluant actuellement les effets de ces particules sur les fémurs de rongeurs. Ils soulignent que, bien que les maladies ostéométaboliques soient relativement bien comprises, l’influence des microplastiques sur leur développement reste un domaine à explorer.
Les microplastiques et les nanoplastiques (inférieurs à 1 micromètre) sont omniprésents dans l’environnement, détectés dans les océans, les sols et même dans l’air. Ils se retrouvent également dans la chaîne alimentaire, contaminant la viande, l’eau et les produits agricoles, et sont présents dans le corps humain. Des études récentes suggèrent que cette contamination pourrait avoir des conséquences néfastes sur la santé. La crise des microplastiques s’aggrave de manière exponentielle, selon des experts.
Face à ces découvertes, les scientifiques appellent à une réduction urgente de la production et de la consommation de plastique. Plus de 500 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, mais seulement 9 % sont recyclés, le reste se retrouvant dans l’environnement et contribuant à la pollution. Les études commencent à démontrer les dommages potentiels pour la santé liés à cette contamination.
Cet article est une traduction d’un article initialement publié sur Câblé en espagnol.
À ne pas manquer
