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Les nanoparticules injectables offrent un nouvel espoir dans le glioblastome

by Sophie Martin

Publié le 4 décembre 2025 à 15h07. Des chercheurs suédois ont mis au point une nouvelle approche prometteuse pour traiter le glioblastome, une forme agressive de cancer du cerveau, en utilisant des nanoparticules pour administrer une électrothérapie ciblée et moins invasive.

  • Une nouvelle méthode d’électrothérapie, utilisant des nanoparticules conductrices, pourrait rendre le traitement du glioblastome plus accessible et moins risqué.
  • Cette technique combine la destruction directe des cellules tumorales avec une stimulation du système immunitaire pour une attaque plus efficace.
  • Des résultats encourageants ont été obtenus sur des modèles animaux, avec une disparition complète des tumeurs en seulement trois jours.

Le glioblastome, l’une des tumeurs cérébrales les plus agressives chez l’adulte, représente un défi majeur pour les oncologues. Malgré les avancées en radiothérapie, chimiothérapie et thérapies ciblées, l’espérance de vie moyenne des patients reste malheureusement limitée à environ quinze mois. Face à ce constat, la recherche d’innovations thérapeutiques est devenue une priorité.

L’électrothérapie, ou plus précisément l’électroporation irréversible, consiste à détruire les cellules cancéreuses en leur appliquant de brèves impulsions électriques de forte intensité. Ces impulsions créent des ouvertures permanentes dans les membranes cellulaires, entraînant leur mort. De plus, cette méthode déclenche une réponse immunitaire qui encourage le corps à attaquer les cellules tumorales restantes.

Traditionnellement, l’électroporation irréversible nécessite l’implantation chirurgicale d’électrodes métalliques rigides directement dans ou autour de la tumeur. Cette intervention présente des risques importants, notamment en raison de la fragilité des tissus cérébraux. Par conséquent, seuls les patients présentant des tumeurs accessibles et bien délimitées peuvent bénéficier de ce traitement.

Le Dr Johan Bengzon, neurochirurgien à l’hôpital universitaire de Skåne, est quotidiennement confronté aux limites des thérapies actuelles. Il s’est interrogé sur la possibilité de développer une approche moins invasive pour rendre l’électrothérapie applicable à un plus grand nombre de patients. C’est cette question qu’il a soulevée auprès de ses collègues chercheurs de l’Université de Lund.

L’équipe de recherche, dirigée par le professeur Roger Olsson, avec la contribution d’Amit Singh Yadav et Martin Hjort, avait déjà exploré l’utilisation de nanoparticules capables de conduire l’électricité une fois injectées. Ces particules forment un hydrogel qui permet de transmettre les signaux électriques et se dégrade naturellement avec le temps.

Cette méthode innovante ne nécessite qu’une simple injection à l’aide d’une fine seringue, réduisant ainsi considérablement le risque de lésions tissulaires. La biodégradabilité des particules élimine également la nécessité d’une ablation chirurgicale ultérieure, ce qui en fait une alternative intéressante aux électrodes traditionnelles.

Les chercheurs se sont alors demandés si cette technologie pouvait être utilisée pour détruire efficacement les cellules du glioblastome. Les résultats obtenus sur des modèles animaux sont très encourageants. Après une intervention chirurgicale pour retirer la tumeur, les nanoparticules sont introduites dans la cavité tumorale par une technique appelée “drop casting”. Une fois que les particules forment une matrice conductrice, une impulsion électrique est appliquée pour éliminer les cellules tumorales restantes et activer le système immunitaire.

Dans ces expériences, les tumeurs ont complètement disparu en trois jours grâce à l’électroporation irréversible.

« Cette technique combine la destruction directe de la tumeur avec l’activation immunitaire, ce qui en fait une approche très puissante et potentiellement salvatrice. »

Professeur Roger Olsson

Les premières études indiquent que les électrodes injectables sont bien tolérées par les tissus cérébraux et n’ont pas entraîné d’effets secondaires significatifs. De plus, les particules semblent se dégrader complètement après douze semaines. Selon Amit Singh Yadav, premier auteur de l’étude, ces résultats constituent une base solide pour poursuivre les recherches :

« Nous avons démontré que la technologie est sûre et peut éliminer efficacement les tumeurs. La prochaine étape consiste à tester des tumeurs plus volumineuses et, à terme, à développer une version cliniquement applicable pour les patients. »

Amit Singh Yadav

Bien que les recherches en soient encore à un stade préclinique, les perspectives sont prometteuses. Une électrothérapie mini-invasive, réalisable sans électrodes métalliques, pourrait rendre le traitement du glioblastome plus accessible et plus sûr, en particulier pour les patients qui n’ont actuellement aucune option thérapeutique viable.

Par ailleurs, des chercheurs de l’université de Washington et de l’université Northwestern ont récemment développé une autre approche prometteuse et non invasive pour traiter le glioblastome, basée sur la nanomédecine. Cette méthode consiste à administrer des nanoparticules par voie nasale, permettant ainsi de contourner la barrière hémato-encéphalique et d’activer les défenses immunitaires du cerveau. En collaboration avec l’expert en nanotechnologie Chad Mirkin, ils ont mis au point des acides nucléiques sphériques (SNA) qui induisent une activation ciblée du STING, une voie immunitaire essentielle. Cependant, Alexander Stegh, responsable de l’étude, souligne que l’activation de STING à elle seule ne suffit pas, car les glioblastomes suppriment le système immunitaire par de multiples mécanismes. L’équipe travaille donc sur des nanostructures capables d’activer simultanément plusieurs signaux immunitaires.

Ces innovations témoignent de la convergence des sciences des matériaux, des neurosciences et de l’oncologie dans la recherche de nouveaux traitements contre l’une des tumeurs cérébrales les plus mortelles. Si ces technologies confirment leur efficacité, elles pourraient transformer radicalement la prise en charge du glioblastome et offrir un nouvel espoir aux patients.

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