Home NouvellesLes Néerlandais syriens Ahmad et Fadi veulent tous deux le changement : l’un vote PVV, l’autre GroenLinks-PvdA

Les Néerlandais syriens Ahmad et Fadi veulent tous deux le changement : l’un vote PVV, l’autre GroenLinks-PvdA

by Nicolas Lefèvre

Publié le 25 octobre 2024. Une enquête menée auprès de Syriens néerlandais révèle une diversité d’opinions sur la politique intérieure, souvent façonnée par des expériences personnelles contrastées. Entre sentiment d’inclusion fragile et adhésion à des partis traditionnellement perçus comme hostiles, les trajectoires sont multiples.

  • Plus de 350 Syriens naturalisés néerlandais ont participé à une enquête sur leur perception de la vie politique aux Pays-Bas.
  • Les opinions divergent fortement, reflétant des parcours d’intégration et des préoccupations spécifiques.
  • Un clivage se dessine entre ceux qui se sentent pleinement intégrés et ceux qui expriment un malaise persistant face à certaines attitudes.

Les résultats d’une enquête conjointe de la chaîne de télévision EenVandaag et de plateforme NPO Net In Nederland mettent en lumière la complexité des opinions politiques au sein de la communauté syrienne aux Pays-Bas. L’étude, menée auprès de 350 personnes, démontre que l’expérience individuelle joue un rôle déterminant dans la façon dont ces Néerlandais d’origine syrienne perçoivent le paysage politique et les débats de société.

Ahmad Hamwi, installé aux Pays-Bas depuis près de 13 ans, témoigne d’un sentiment d’inclusion parfois mitigé.

« Chez certains, je me sens le bienvenu, chez d’autres pas. Malgré mon long séjour ici et mes efforts pour maîtriser la langue, j’ai parfois l’impression d’être considéré comme un nouveau venu. »

Ahmad Hamwi

Pour lui, le retour en Syrie n’est pas envisageable.

« Mes parents sont décédés, je n’ai plus de famille là-bas. Le pays reste instable. Mes enfants sont nés ici, j’ai construit ma vie ici. »

Ahmad Hamwi

Ahmad Hamwi accorde une grande importance à la participation électorale et penche pour GroenLinks-PvdA ou DENK, des partis qu’il estime susceptibles de défendre ses intérêts et ceux de sa famille, tout en accordant une attention particulière à la situation économique. Il exprime toutefois son inquiétude face à la montée en puissance de partis comme le PVV.

« Je crains que, si le PVV était au pouvoir, la discrimination ne s’accentue et que ‘nous’ ne soyons désignés comme boucs émissaires. »

Ahmad Hamwi

Il peine à comprendre pourquoi le débat politique se concentre autant sur les Syriens.

« Il y a aussi beaucoup de Polonais ou de Roumains qui viennent ici, qui cherchent des logements et des emplois. Cela ressemble parfois à de la propagande, peut-être parce que nous sommes musulmans ? Nous sommes bien intégrés, nous payons des impôts. Ce qui nous manque, c’est un soutien de la part du gouvernement. »

Ahmad Hamwi

Il se montre donc critique envers un éventuel durcissement de la politique d’asile.

Fadi Haddad, lui, affiche une vision radicalement différente. Installé aux Pays-Bas depuis plus de dix ans, il se sent ici plus chez lui qu’il ne l’était en Syrie.

« Ici, aux Pays-Bas, la liberté est ma priorité absolue. On peut être qui on est. Sur le papier, je suis musulman, mais ici, je suis devenu athée. C’est quelque chose que je n’aurais jamais osé dire en Syrie. »

Fadi Haddad

Son choix de voter pour le PVV, souvent déconcertant, est pour lui une manière d’exprimer son désir de changement.

« Je vote parce que je veux que les choses changent. Je pense que le système actuel ne fonctionne pas, notamment en ce qui concerne la politique migratoire. Je vois des Syriens obtenir un passeport sans apprendre la langue ni travailler. Je pense que les Pays-Bas ont besoin d’un ‘électrochoc’. »

Fadi Haddad

Bien qu’il soit reconnaissant pour les opportunités qui lui ont été offertes, Fadi Haddad estime qu’une sélection plus rigoureuse des demandeurs d’asile est nécessaire.

« Nous devons seulement admettre les personnes qui sont réellement désireuses de s’investir dans le pays, pas les profiteurs. »

Fadi Haddad

Il comprend donc les positions plus fermes de certains partis.

« Il y a parfois un abus des droits de l’homme, et cela doit être mieux contrôlé. »

Fadi Haddad

Il soutient même partiellement la proposition du PVV de renvoyer les Syriens bénéficiant d’un permis temporaire, tout en soulignant la nécessité d’une évaluation individuelle de chaque cas.

« Je suis d’accord avec ça, mais cela doit être examiné au cas par cas. Être syrien ne signifie pas automatiquement être en danger. »

Fadi Haddad

Il se dit indifférent aux critiques liées à son choix de voter pour un parti critique envers sa communauté d’origine :

« Je suis moi-même critique. »

Fadi Haddad

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