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les nouvelles du congrès ISDE Italia

by Nicolas Lefèvre

La crise écologique se mue en urgence sanitaire mondiale, avec des conséquences de plus en plus visibles sur la santé humaine. Le congrès ISDE Italia 2025 a mis en lumière, lors de sa deuxième journée, l’interconnexion croissante entre les menaces environnementales et l’aggravation des pathologies, des vulnérabilités pédiatriques et des crises sanitaires.

Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 24 % des décès dans le monde – soit 13,7 millions chaque année – sont liés à des facteurs environnementaux. La pollution atmosphérique, en particulier, est responsable d’environ 7 millions de décès annuels, touchant de manière disproportionnée les enfants, les personnes âgées et les populations fragilisées.

Les effets du changement climatique sur la santé sont de plus en plus préoccupants. Paolo Vineis, de l’Imperial College de Londres et de l’Accademia dei Lincei, a présenté des données alarmantes : en Italie, l’augmentation des températures est déjà responsable de plus de 14 500 décès par an, représentant 2,3 % de la mortalité totale. Une récente vague de chaleur en Europe a ainsi entraîné 1 504 décès directement imputables au changement climatique dans les grandes villes du continent.

La pollution par les particules fines (PM2,5) constitue une autre menace majeure, causant plus de 70 000 décès par an en Italie. L’interaction entre la chaleur et la pollution amplifie les risques cardiovasculaires et respiratoires, soulignant l’urgence d’une stratégie globale.

Cependant, les politiques climatiques ambitieuses offrent des opportunités de co-bénéfices, notamment grâce au développement des énergies renouvelables, à la promotion de la mobilité durable et à la transformation des espaces urbains, améliorant ainsi la qualité de l’air et la santé des citoyens.

Les risques liés à l’exposition aux métaux lourds, tels que le plomb, l’arsenic et le mercure, ont également été abordés par Stephan Böse-O’Reilly. Les enfants et les populations exposées à une contamination industrielle, hydrique ou alimentaire sont particulièrement vulnérables aux effets neurologiques et systémiques de ces substances.

Vitalia Murgia a mis en évidence la contamination croissante de l’eau et du sol par les résidus pharmaceutiques – antibiotiques, hormones, anti-inflammatoires, chimiothérapies, cosmétiques et détergents – présents sur tous les continents. Cette pollution contribue à la propagation de la résistance aux antibiotiques, une urgence sanitaire majeure.

Vincenzo Cordiano, président de l’ISDE Veneto, a illustré l’ampleur de la contamination par les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) en Europe et dans le monde, avec plus de 23 000 sites déjà contaminés. Ces substances sont associées à des effets sur le développement de l’enfant, le système endocrinien, le métabolisme et diverses formes de cancer.

Maria Grazia Petronio, vice-présidente de l’ISDE Italie, a dressé un état des lieux de la pollution plastique, de l’augmentation de sa production à la propagation des micro et nanoplastiques dans l’air, l’eau, les aliments et les environnements domestiques. Ces particules peuvent pénétrer dans les tissus humains, y compris le placenta, les organes reproducteurs et le système nerveux, et leurs additifs agissent comme perturbateurs endocriniens.

La crise environnementale représente également une urgence pédiatrique, comme l’ont souligné Peter Van Den Hazel et Laura Reali. L’exposition à la chaleur extrême, à la pollution et à la multiplication des allergènes est associée à une augmentation de l’asthme, des infections respiratoires, des troubles du sommeil, des difficultés cognitives et de la vulnérabilité psychologique chez les enfants. L’exposition prénatale aux polluants, qui traversent la barrière placentaire, peut interférer avec le développement neurologique, immunitaire et cardiovasculaire du fœtus.

Fiorella Belpoggi, ancienne directrice de l’Institut Ramazzini, a insisté sur la nécessité d’investir dans des recherches indépendantes sur les technologies émergentes, comme la 5G, et sur les substances controversées, comme le glyphosate, afin de garantir la protection de la santé publique et une plus grande transparence scientifique.

Enfin, la session consacrée à la traduction de la science en politique, animée par Francesco Romizi, a mis en évidence le manque de transparence dans les processus décisionnels, la sélection des experts selon des critères politiques et l’absence de gouvernance stable des preuves scientifiques, dénoncés par Fabrizio Bianchi. La journée s’est conclue par un appel à une alliance renforcée entre les institutions de santé, les communautés scientifiques et la société civile pour faire face aux crises environnementales et protéger la santé publique.

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