Publié le 5 janvier 2026. De nouvelles recommandations de l’Association dentaire américaine (ADA) précisent les conditions dans lesquelles les radiographies dentaires doivent être réalisées, afin de minimiser l’exposition aux rayonnements pour les patients et les professionnels de santé.
- Les nouvelles directives insistent sur la nécessité d’un examen clinique approfondi avant toute radiographie.
- Elles couvrent à la fois la radiographie dentaire conventionnelle et la tomodensitométrie à faisceau conique (CBCT).
- Ces recommandations sont les premières mises à jour de l’ADA sur le sujet depuis plus de dix ans.
L’imagerie dentaire doit être envisagée uniquement lorsque cela est cliniquement justifié, soulignent les experts. Cette approche vise à réduire l’exposition aux rayonnements tout en garantissant des diagnostics précis et une prise en charge optimale des patients. Les recommandations, publiées conjointement dans le Journal de l’Association dentaire américaine (JADA) et en ligne dans la revue Oral Surgery, Oral Medicine, Oral Pathology and Oral Radiology, actualisent les directives de 2012 et intègrent les avancées récentes en matière d’imagerie.
« L’imagerie dentaire est un outil diagnostique précieux qui peut améliorer la santé bucco-dentaire et générale lorsqu’elle est utilisée de manière appropriée », explique le Dr Erika Benavides, auteur principal de l’étude et professeure clinicienne au Département de parodontie et de médecine buccale de l’École de médecine dentaire de l’Université du Michigan.
« Nous ne ferions pas de radiographie d’une autre partie de votre corps sans raison médicale après un examen. De même, les radiographies dentaires ne doivent être prescrites qu’après avoir examiné les antécédents médicaux et dentaires du patient, les radiographies antérieures et les résultats de l’examen clinique actuel. »
Erika Benavides, DDS, Ph.D., auteur principal
Élaborées par un groupe d’experts mandaté par le Conseil des affaires scientifiques de l’ADA, ces recommandations bénéficient de l’approbation de l’Académie américaine de radiologie buccale et maxillo-faciale (AAOMR). Elles abordent des scénarios cliniques spécifiques pour l’utilisation de l’imagerie, notamment pour la détection des caries (surfaces proximales, occlusales, radiculaires et lisses) et la gestion des maladies parodontales.
Le Dr Trishul Allareddy, co-auteur et professeur à l’École de médecine dentaire Adams de l’Université de Caroline du Nord, souligne l’importance de ces mises à jour :
« Ces recommandations cliniques actualisées s’appuient sur nos connaissances et notre expérience tout en ouvrant la voie à des soins optimaux et à une utilisation efficace des rayonnements en dentisterie. »
Trishul Allareddy, BDS, co-auteur
Les recommandations précisent également les modalités d’imagerie à privilégier en fonction du type de rendez-vous (nouvelle évaluation, visite de contrôle), de l’âge du patient, de son stade de développement dentaire et de ses facteurs de risque. Des conseils spécifiques sont fournis pour des domaines de spécialité tels que l’endodontie, l’orthodontie, la chirurgie buccale et maxillo-faciale.
Par exemple, l’utilisation de radiographies panoramiques est recommandée pour surveiller l’éruption dentaire avant un traitement orthodontique et pour évaluer l’alignement des racines pendant celui-ci. Il est également conseillé de prescrire judicieusement les radiographies et d’utiliser des techniques de réduction de dose pour les enfants et les jeunes adultes.
Ces nouvelles directives s’inscrivent dans une démarche plus globale de sécurité radiologique. Une première série de recommandations, publiée en 2024, avait déjà préconisé l’abandon de l’utilisation systématique de protections thyroïdiennes et abdominales pendant les examens radiographiques, en se basant sur les recommandations de l’AAOMR de 2023.
Le Dr Benavides rassure : « Les radiographies dentaires sont sûres. Dans certains cas, une radiographie dentaire délivre moins de rayonnement qu’une seule journée d’exposition naturelle aux rayonnements. » Elle insiste toutefois sur l’importance de suivre le principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable – aussi bas que raisonnablement possible) et de ne prescrire des radiographies que lorsque cela est cliniquement nécessaire. L’ADA et l’AAOMR encouragent les dentistes et leurs équipes à se familiariser avec ces recommandations et à en discuter avec leurs patients.
Pour consulter l’intégralité des recommandations, rendez-vous sur JADA.ADA.org.
