Home AffairesLes obligations du Sénégal chutent après que le Premier ministre résiste aux appels du FMI à restructurer la dette

Les obligations du Sénégal chutent après que le Premier ministre résiste aux appels du FMI à restructurer la dette

by Amélie Bernard

Publié le 24 septembre 2025 16:35:00. Le Sénégal se trouve dans une situation financière délicate, son Premier ministre Ousmane Sonko refusant pour l’instant de céder aux exigences du Fonds Monétaire International (FMI) concernant une restructuration de sa dette, ce qui complique la résolution de la crise budgétaire du pays.

  • La dette non déclarée du Sénégal, révélée par un audit gouvernemental, dépasse désormais les 11 milliards de dollars américains (environ 10,2 milliards d’euros).
  • Ousmane Sonko craint qu’une restructuration de la dette ne présente le Sénégal comme un pays au bord de la faillite, dissuadant ainsi les investisseurs étrangers.
  • En l’absence d’accord avec le FMI, le gouvernement sénégalais mise sur un plan de relance économique financé à 90 % par des ressources intérieures.

Les obligations du Sénégal ont connu une chute brutale en réaction à la position du Premier ministre Sonko. Le refus de Dakar de restructurer sa dette réduit considérablement les marges de manœuvre pour faire face à une crise budgétaire qui s’aggrave. Un audit gouvernemental réalisé l’année dernière a mis en lumière une dette non déclarée s’élevant à plus de 11 milliards de dollars, ce qui a entraîné une dégradation de la notation de crédit du pays et la suspension d’un programme de financement de 1,8 milliard de dollars.

S’exprimant devant les membres de son parti ce week-end, Ousmane Sonko a justifié son opposition à la restructuration en affirmant que cela donnerait une image négative du Sénégal sur la scène internationale.

« Nous serions considérés comme un pays au bord de la faillite, ce qui dissuaderait les investisseurs. »

Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal

Ses déclarations interviennent après une mission du FMI à Dakar, qui s’est achevée sans la conclusion d’un nouvel accord de prêt.

Le gouvernement sénégalais a dévoilé en août un plan de relance économique ambitieux, dont il assure que 90 % du financement proviendra de ressources internes, afin d’éviter de s’endetter davantage. Cette stratégie vise à réduire la dépendance du pays aux financements extérieurs. Cependant, l’absence d’une restructuration de la dette pourrait contraindre Dakar à se tourner vers un financement national et à réduire ses dépenses publiques. Une telle approche comporte des risques, comme l’illustre l’expérience récente du Kenya, où des manifestations ont éclaté l’année dernière en réaction à des hausses d’impôts.

La situation du Sénégal s’inscrit dans un contexte mondial de difficultés financières pour de nombreux pays en développement. Le FMI, en tant qu’institution clé du système financier international, joue un rôle crucial dans la gestion de ces crises. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si un compromis pourra être trouvé entre le gouvernement sénégalais et le FMI, ou si Dakar devra poursuivre sa stratégie de financement interne.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.