Publié le 28 décembre 2025. Des doutes sur l’authenticité d’une œuvre de calligraphie de la dynastie Song exposée au musée du Jiangxi, prêtée par le Musée national du Palais, suscitent une nouvelle vague d’inquiétudes après une controverse similaire impliquant le musée de Nankin.
- Une œuvre de calligraphie de Mi Fu, exposée au musée du Jiangxi, est remise en question par des experts et des internautes.
- Le musée du Jiangxi affirme que l’œuvre est un original prêté par le Musée national du Palais, mais ne garantit pas son authenticité.
- L’affaire relance les interrogations sur la gestion des œuvres d’art et les procédures d’authentification, après un incident récent à Nankin.
La polémique autour de l’exposition de la calligraphie de Mi Fu au musée provincial du Jiangxi a pris de l’ampleur après la publication d’une vidéo par un blogueur spécialisé. Ce dernier, après avoir examiné l’œuvre, a exprimé des doutes quant à son authenticité, notamment en raison de l’absence de variations de couleur de l’encre, un élément qu’il juge crucial pour une œuvre de cette époque. Il a également souligné des anomalies dans l’éclairage de la vitrine, qui diffère de celui utilisé pour d’autres pièces de la collection.
Dans sa vidéo, le blogueur a comparé l’œuvre exposée à des images disponibles en ligne, notant une différence significative dans les nuances de l’encre. Il a également rapporté des témoignages d’autres amateurs d’art qui ont constaté des incohérences dans le positionnement des sceaux impériaux, présents sur les volumes d’écriture cursive de Mi Fu.
Des internautes ont également exprimé leurs préoccupations sur les réseaux sociaux, certains allant jusqu’à remettre en question l’intégrité du prêt du Musée national du Palais. Un message, capturé en ligne, interroge directement sur la possibilité d’une fraude :
« C’est faux, n’est-ce pas une fraude ? Le Musée national du Palais a-t-il prêté une œuvre contrefaite ? »
Face à la controverse, le musée provincial du Jiangxi a publié un communiqué dans la soirée du 28 décembre, précisant que l’œuvre exposée est bien un « original » prêté par le Musée national du Palais. Cependant, la déclaration ne garantit pas l’authenticité de l’œuvre, se contentant d’affirmer que le musée s’engage à exposer fidèlement les œuvres qui lui sont confiées. Cette formulation a suscité de vives réactions en ligne, les internautes pointant du doigt une ambiguïté délibérée.
Plusieurs commentaires soulignent que la responsabilité de l’authentification incombe au Musée national du Palais. Un internaute a ainsi déclaré :
« Cette déclaration est de bonne qualité. Elle confirme seulement qu’il s’agit de l’original, mais pas de l’authenticité. »
L’affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la gestion du patrimoine culturel chinois, après un incident similaire impliquant le musée de Nankin. Certains observateurs craignent que ces controverses ne se multiplient si des mesures adéquates ne sont pas prises pour renforcer les procédures d’authentification et de contrôle.
Un internaute, se présentant comme un employé d’une entreprise technologique de la Silicon Valley, a également partagé une expérience personnelle, affirmant qu’une collection authentifiée par Sotheby’s ne pouvait pas être mise aux enchères en raison de l’existence d’une œuvre identique au Musée national du Palais.
Le musée provincial du Jiangxi avait annoncé l’exposition de l’œuvre de Mi Fu dans un article publié le 11 décembre, la présentant comme l’une des pièces maîtresses de l’exposition spéciale consacrée à Huang Tingjian. Le Musée national du Palais avait également communiqué sur cette collaboration le 17 décembre, soulignant l’importance de cette exposition conjointe.
(Reportage complet du journaliste Li Li/Rédacteur en chef : Lin Qing)