Home DivertissementLes origines vieilles de 600 ans du mot « bonjour »

Les origines vieilles de 600 ans du mot « bonjour »

by Antoine Girard

Publié le 17 janvier 2026 à 11h00. Au-delà du simple « bonjour », les salutations à travers le monde révèlent des nuances culturelles insoupçonnées, des héritages historiques et des préoccupations sociales qui dépassent la simple politesse.

  • Les salutations reflètent souvent des traits culturels perçus, allant de l’efficacité pragmatique des langues germaniques à l’expressivité des langues romanes.
  • L’histoire nationale et les influences linguistiques passées se manifestent dans de nombreuses formules de politesse, comme le « hallo » afrikaans d’origine néerlandaise.
  • Au-delà de la simple formule de salutation, certaines cultures intègrent dans leurs échanges initiaux une attention particulière au bien-être ou aux projets de leur interlocuteur.

Si l’anglais s’est largement imposé avec son « hello » comme salutation universelle, d’autres langues ont développé des formules propres, porteuses d’une identité culturelle distincte. Ces variations ne sont pas anodines et témoignent des normes sociales et des stéréotypes associés à leurs locuteurs.

Dans les langues germaniques et scandinaves, par exemple, des salutations comme « hallo » et « hallå » se caractérisent par une sonorité plus ferme, suggérant une approche directe et pragmatique. Ce contraste avec la musicalité et la poésie des « hola » et « olá » employés dans les langues romanes, souvent associées à une plus grande expressivité.

L’histoire laisse également son empreinte sur les formules de politesse. Le mot « hallo », d’origine néerlandaise, est ainsi utilisé en afrikaans, tandis que l’on retrouve un « óla » rappelant l’influence portugaise au Timor-Leste. Ces mots fonctionnent souvent à la fois comme une introduction et comme un marqueur d’identité.

Toutefois, il convient d’être prudent quant à l’interprétation de ces salutations comme des indicateurs de traits nationaux. Selon le professeur Duranti, une analyse plus nuancée est nécessaire.

« Il est difficile de déduire directement le caractère national d’une personne à partir de sa salutation, même si l’idée est tentante. »

Professeur Duranti

Duranti suggère que l’observation des salutations alternatives ou secondaires peut offrir des indices plus pertinents. Il souligne par exemple que l’usage fréquent de la question « comment allez-vous ? » en anglais témoigne d’un intérêt apparent pour le bien-être de l’interlocuteur. Dans certaines sociétés polynésiennes, la salutation consiste davantage à s’enquérir des projets ou des déplacements de la personne, en demandant littéralement « où vas-tu ? ».

Le grec offre un autre exemple intéressant avec « Γειά σου » (prononcé « yah-soo »), une salutation informelle qui exprime un souhait de santé et peut également être utilisée pour prendre congé.

D’autres langues transforment des concepts abstraits en salutations polyvalentes. Le « ciao » italien, par exemple, est issu d’une expression dialectale vénitienne signifiant « à votre service », tandis que le français « salut » peut être utilisé à la fois pour saluer et pour dire au revoir. De même, le mot hawaïen « aloha » peut exprimer l’affection ou la compassion, et le terme hébreu « shalom » évoque la paix ou la plénitude.

Cependant, Duranti met en garde contre une interprétation trop hâtive de ces exemples, soulignant qu’ils ne doivent pas être considérés comme des indicateurs fiables du caractère national.

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