Publié le 2026-01-04 10:14:00. Alors que les dépenses militaires atteignent des niveaux record à travers le monde, le Pape Léon XIV appelle à une refonte radicale des priorités, estimant que la paix ne se construit pas par l’armement mais par la fraternité et le dialogue.
- Les dépenses militaires mondiales ont connu une augmentation significative, notamment en Europe, en Russie, en Ukraine, en Israël et en Asie.
- Les États-Unis restent le premier dépensier militaire mondial, avec un budget de près de 997 milliards de dollars (66 % des dépenses de l’OTAN).
- Le Saint-Siège insiste sur la nécessité d’investir dans le développement humain plutôt que dans la destruction, prônant la confiance mutuelle comme fondement d’une paix durable.
La course aux armements s’accélère à l’échelle mondiale, une tendance qui contraste vivement avec les appels répétés à la paix et à la désescalade formulés par le Pape Léon XIV. Lors de la messe de la solennité de Marie Mère de Dieu, le Souverain pontife a déclaré :
« Le monde ne se sauvera pas en aiguisant ses épées, en jugeant, en opprimant ou en éliminant ses frères, mais plutôt en s’efforçant inlassablement de comprendre, de pardonner, de libérer et d’accueillir tout le monde, sans calcul et sans crainte. »
Pape Léon XIV
Cette exhortation intervient alors que de nombreux gouvernements font du réarmement une priorité absolue, une logique qui, selon le Vatican, alimente la peur et entrave la construction d’une paix durable.
L’augmentation des dépenses militaires a des répercussions sociales notables, en particulier dans les régions les plus pauvres. Là où les hiérarchies militaires exercent une influence prépondérante, cette tendance est particulièrement marquée. Les conflits, notamment en Ukraine et au Proche-Orient, sont des catalyseurs majeurs de cette hausse des budgets de défense, avec des conséquences économiques qui dépassent les frontières des zones de guerre.
Les États-Unis en tête
En 2024, les États-Unis ont alloué environ 997 milliards de dollars (37 % du total mondial) à leur budget militaire, se concentrant sur les technologies de pointe telles que les avions de chasse furtifs, les missiles de précision et les systèmes de défense aérienne. La Chine, la Russie, l’Allemagne et l’Inde suivent au classement des pays les plus dépensiers.
Des budgets de guerre en Europe et au Moyen-Orient
La Russie consacre désormais 38 % de son budget à l’armée, un niveau jamais atteint depuis l’ère soviétique, privilégiant les investissements dans les missiles, les munitions d’artillerie, les drones et la production de chars. L’Ukraine, quant à elle, alloue environ 31 % de son PIB à la défense, bénéficiant également d’une aide militaire substantielle de plusieurs pays, axée sur les armes modernes et les systèmes de défense aérienne. Au Moyen-Orient, Israël a vu ses dépenses militaires augmenter de 65 % en 2024, avec un arsenal comprenant des véhicules blindés, de l’artillerie, des missiles, des avions et des hélicoptères.
En Europe, l’Allemagne prévoit d’investir plus de 1 000 milliards d’euros d’ici 2029 dans le renforcement de ses forces armées, notamment dans les chars, les systèmes de missiles et les technologies de pointe. La Pologne ambitionne de doubler ses effectifs militaires et de s’équiper d’armes modernes et d’avions de combat. L’Italie a dépassé les 30 milliards d’euros de dépenses militaires en 2025, en raison de la modernisation de ses équipements pour l’armée, la marine et l’armée de l’air. L’Espagne a récemment annoncé une augmentation de deux milliards d’euros de son budget de défense. La ministre de la Défense, Margarita Robles Fernandez, a souligné en 2018 que les dépenses de défense ne représentaient que 0,9 % du PIB, mais a affirmé que le pays « exploite désormais ses capacités ».
Asie et Afrique : des réalités contrastées
En Asie, la Chine concentre ses investissements sur les missiles hypersoniques, les missiles balistiques nucléaires, les drones avancés et les technologies émergentes. Avec un budget dépassant les 300 milliards de dollars (2023-2024), elle est le deuxième pays le plus dépensier au monde. La Corée du Nord, malgré son PIB limité, dispose d’une armée nombreuse (plus de 1,2 million de soldats) et investit massivement dans l’artillerie lourde, les sous-marins et les programmes de missiles. La Corée du Sud, quant à elle, voit ses dépenses militaires augmenter régulièrement, atteignant environ 48 milliards de dollars. Le Japon, malgré des restrictions constitutionnelles strictes en matière d’armement, envisage un changement de politique et se prépare à entrer sur le marché mondial des armes.
En Afrique, les dépenses militaires ont atteint 52,1 milliards de dollars en 2024, soit une augmentation de 3 % par rapport à l’année précédente. Le Soudan du Sud, confronté à d’importants besoins de développement, a enregistré une forte augmentation de ses dépenses militaires. La République démocratique du Congo, l’Algérie et la Tunisie ont également augmenté leurs budgets de défense, principalement en raison des conflits et de la présence de groupes terroristes.
Amérique du Sud : sécurité intérieure et lutte contre la criminalité
En Amérique latine, les dépenses militaires sont souvent liées à la lutte contre la violence et l’insécurité intérieure. Le Brésil alloue environ 21 milliards de dollars à son armée, qui importe principalement des armes des États-Unis, d’Autriche et d’Italie. En Colombie, les dépenses militaires représentent environ 3 % du PIB et sont destinées à la sécurité intérieure. Au Mexique, les dépenses militaires ont atteint près de 12 milliards de dollars en 2023, en hausse significative par rapport aux années précédentes, principalement pour lutter contre la criminalité organisée.
Au-delà des budgets et des armements, le Pape Léon XIV insiste sur la nécessité d’investir dans le développement humain et de construire la paix par le dialogue et la connaissance mutuelle. La confiance dans l’autre, considérée comme un frère, est un investissement gratuit mais essentiel. Comme il l’a déclaré lors de l’Angélus du 1er janvier 2026 :
« Le Seigneur nous invite à renouveler notre temps, en inaugurant enfin une ère de paix et d’amitié entre tous les peuples. »
Pape Léon XIV
Un changement de regard et d’attitude, qui interpelle en particulier les gouvernants.
À lire aussi
