Publié le 6 novembre 2025 à 12h14. Le ministre de la Santé, du Bien-être et des Sports, Jan Anthonie Bruijn, a rencontré des patients atteints de fièvre Q à Den Bosch, une première qui pourrait marquer un tournant dans la reconnaissance de cette maladie chronique et de ses conséquences.
- Le ministre Bruijn a échangé avec des patients qui se sentent négligés par les politiques nationales depuis des années.
- Les patients ont souligné le manque de reconnaissance et d’indemnisation, contrairement aux éleveurs de chèvres touchés par l’épidémie de 2007.
- La province du Brabant-Septentrional envisage de financer un centre d’expertise pour les personnes souffrant de séquelles de la fièvre Q et du Covid-19.
Les patients atteints de fièvre Q, une maladie infectieuse causée par la bactérie Coxiella burnetii, ont enfin eu l’occasion de faire entendre leur voix au plus haut niveau de l’État. Cette rencontre, organisée au bâtiment du gouvernement provincial à Den Bosch, est perçue par les patients comme un premier pas vers une reconnaissance de leur souffrance et de la complexité de leur maladie.
L’épidémie de fièvre Q, dont le premier foyer a été détecté en 2007 dans une ferme caprine à Herpen, près d’Oss, a touché des dizaines de milliers de personnes, principalement dans le Brabant-Septentrional. Au moins une centaine de décès sont attribués à cette maladie, et de nombreux patients continuent de souffrir de symptômes persistants tels que la fatigue.
Le ministre Bruijn s’est dit profondément touché par les témoignages recueillis.
« Il y a énormément de douleur et d’émotion là-bas. Je suis moi-même médecin depuis quarante ans et je sais comment les maladies chroniques, parfois difficiles à reconnaître dans le monde médical, peuvent intervenir de toutes sortes de manières. »
Jan Anthonie Bruijn, ministre de la Santé, du Bien-être et des Sports
Caroline van Kessel, de l’organisation de patients Q-uestion, a salué cette rencontre comme une étape importante.
« C’est le neuvième ministre que nous rencontrons sur ce dossier. C’est une première étape de reconnaissance. Que vous puissiez dire au ministre ce que cela a été pour vous. »
Caroline van Kessel, Q-uestion
Les patients ont exprimé leur sentiment d’être ignorés et ont dénoncé l’inégalité de traitement, les éleveurs de chèvres ayant été indemnisés alors qu’eux n’ont pas bénéficié d’une prise en charge adéquate.
Le commissaire du Roi Adema a également souligné la nécessité d’une reconnaissance de la situation.
« Il aurait bien sûr été préférable que nous n’ayons jamais eu cette conversation. Tout avait déjà été organisé il y a de nombreuses années, mais ce n’est pas le cas. »
Commissaire du Roi Adema
Parallèlement à cette rencontre, la province du Brabant-Septentrional envisage de financer la création d’un centre d’expertise dédié aux personnes souffrant de séquelles de la fièvre Q et du Covid-19. Cette initiative vise à combler un manque, car le gouvernement ne finance que les hôpitaux universitaires, qui ne sont pas présents dans la province. Les patients brabançons doivent actuellement se rendre dans des hôpitaux d’Amsterdam, de Rotterdam ou de Maastricht pour bénéficier de soins spécialisés.
Ce centre d’expertise pourrait être implanté à l’hôpital Bernhoven à Uden, et son coût est estimé à plusieurs millions d’euros. Bien que la province soutienne activement les victimes de la fièvre Q, le soutien national reste insuffisant. Caroline van Kessel espère que la visite du ministre marquera un tournant.
« La visite du ministre pourrait signifier un changement. Mais il faut avancer un peu. »
Caroline van Kessel, Q-uestion
