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Les pays nordiques rejettent la revendication de Trump concernant les navires chinois et russes autour du Groenland

Publié le 11 janvier 2024 11h10. Des diplomates nordiques ont démenti les affirmations du président américain Donald Trump concernant une présence russe et chinoise accrue au Groenland, alors que ce dernier justifiait son intérêt pour l'acquisition de l'île…

Les pays nordiques rejettent la revendication de Trump concernant les navires chinois et russes autour du Groenland

Publié le 11 janvier 2024 11h10. Des diplomates nordiques ont démenti les affirmations du président américain Donald Trump concernant une présence russe et chinoise accrue au Groenland, alors que ce dernier justifiait son intérêt pour l’acquisition de l’île arctique.

  • Des responsables nordiques et le ministre norvégien des Affaires étrangères affirment qu’il n’y a aucune preuve d’une activité militaire russe ou chinoise significative autour du Groenland.
  • Donald Trump a invoqué la sécurité nationale et les ressources minières pour justifier son désir d’acquérir le Groenland, mais ses affirmations sur la présence russe et chinoise sont contestées.
  • Les dirigeants groenlandais réaffirment leur souhait de rester autonomes et rejettent toute idée de cession à un autre pays.

Les allégations du président Trump concernant une présence militaire russe et chinoise croissante au Groenland sont contredites par les renseignements disponibles, selon plusieurs sources diplomatiques nordiques. Ces affirmations, utilisées pour justifier un intérêt pour l’acquisition de l’île, ne semblent pas refléter la réalité de la situation sur le terrain.

Deux hauts diplomates nordiques, ayant accès aux informations de renseignement de l’OTAN, ont affirmé qu’ils n’avaient constaté aucun signe de navires ou de sous-marins russes ou chinois dans les eaux autour du Groenland ces dernières années.

« Il n’est tout simplement pas vrai que les Chinois et les Russes soient là. J’ai vu les renseignements. Il n’y a ni navires, ni sous-marins. »

Haut diplomate nordique (non nommé)

Un autre diplomate, issu d’un pays nordique différent, a ajouté :

« Cette idée selon laquelle les eaux autour du Groenland grouillent de navires ou de sous-marins russes et chinois n’est tout simplement pas vraie. Ils sont dans l’Arctique, oui, mais du côté russe. »

Haut diplomate nordique (non nommé)

Espen Barth Eide, ministre norvégien des Affaires étrangères, a également démenti ces affirmations lors d’une interview à la chaîne de télévision norvégienne NRK.

« Il n’est pas exact qu’il y ait beaucoup d’activités en provenance de Russie ou de Chine autour du Groenland. Il y a de l’activité dans notre région, oui, mais au Groenland, il y en a très peu. »

Espen Barth Eide, ministre norvégien des Affaires étrangères

Donald Trump avait justifié son intérêt pour le Groenland en évoquant des raisons de sécurité nationale et des opportunités minières. Il a notamment déclaré à plusieurs reprises que la présence russe et chinoise justifiait une prise de contrôle de l’île.

« À l’heure actuelle, le Groenland est couvert de navires russes et chinois partout. Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale. »

Donald Trump, président américain

Quelques jours plus tard, il ajoutait :

« Si nous ne le faisons pas, la Russie ou la Chine prendront le contrôle du Groenland. »

Donald Trump, président américain

Les autorités groenlandaises et danoises soulignent que la Chine n’a manifesté que peu d’intérêt pour l’île depuis l’échec d’un projet d’aide à la construction d’aéroports en 2018, un projet bloqué par le Danemark sous la pression des États-Unis. Un chef d’entreprise groenlandais avait alors estimé que « les États-Unis veillent lentement mais sûrement à ce que l’influence chinoise disparaisse du Groenland ». Un responsable groenlandais avait confirmé l’année dernière que « Il n’y a vraiment rien eu de la part des Chinois depuis lors. Ils avaient quelques petites participations dans certains projets miniers, mais ils ne vont pas de l’avant. »

Bien que des sous-marins russes soient régulièrement observés à proximité des côtes norvégiennes, opérant depuis leur base de la péninsule de Kola à travers la mer de Barents, les responsables danois et groenlandais se montrent ouverts à une coopération accrue avec les États-Unis en matière de sécurité dans l’Arctique, notamment pour renforcer ce que l’on appelle le corridor GIUK (Groenland, Islande, Royaume-Uni). Ils insistent toutefois sur le fait que le Groenland n’est pas à vendre. Les cinq partis représentés au parlement groenlandais ont publié une déclaration commune vendredi soir, affirmant :

« Nous ne voulons pas être Américains, nous ne voulons pas être Danois, nous voulons être Groenlandais. »

Déclaration commune des partis groenlandais

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.