Home NouvellesLes paysans se sont diversifiés au début du néolithique de la culture des céréales

Les paysans se sont diversifiés au début du néolithique de la culture des céréales

by Nicolas Lefèvre

Les pratiques agricoles en Rhénanie ont connu une transformation majeure il y a près de 7 000 ans, permettant aux communautés rurales de diversifier leurs cultures et de mieux faire face aux aléas environnementaux. Une étude récente, publiée dans le Journal of Archaeological Science, révèle comment les premiers agriculteurs d’Europe centrale ont progressivement intégré de nouvelles céréales à leur régime, renforçant ainsi la résilience de leur production alimentaire.

Dirigée par les professeurs Silviane Scharl (Université de Cologne) et Astrid Stobbe (Université Goethe de Francfort), ainsi que par le docteur Astrid Röpke (Université de Cologne), cette recherche interdisciplinaire s’est appuyée sur l’analyse de résidus archéobotaniques provenant de 72 sites néolithiques en Rhénanie. Les chercheurs ont examiné des restes de graines carbonisées datant de la fin du VIe millénaire avant J.-C. jusqu’au début du IVe millénaire avant J.-C., découverts dans d’anciennes fosses de colonie.

L’étude met en lumière une évolution significative dans les choix de cultures. Les premières communautés agricoles, appartenant à la culture céramique de la bande linéaire (vers 5400-5000/4900 avant J.-C.), se concentraient principalement sur l’épeautre et l’engrain, des variétés de blé nécessitant un décorticage avant d’être consommées. Or, les analyses révèlent que de nouvelles céréales, comme le blé nu (qui ne nécessite pas de décorticage) et l’orge, ont commencé à être cultivées durant l’éolithique moyen (environ 4900 à 4500 avant J.-C.).

« L’intégration de nouveaux types de céréales a rendu l’agriculture plus résiliente et plus flexible », explique la professeure Scharl. « Cela a non seulement permis la culture d’hiver, mais aussi l’exploitation de cultures d’été et l’utilisation potentielle d’une plus grande variété de sols, tout en réduisant potentiellement la charge de travail. »

Les chercheurs ont constaté que la diversité des céréales cultivées a atteint un pic vers 4350 avant J.-C., avant de diminuer par la suite. Cette évolution suggère une nouvelle transformation du système agricole, potentiellement liée à une intensification de l’élevage, notamment de bovins. L’analyse statistique a démontré que les changements agricoles caractéristiques de l’éolithique moyen étaient déjà perceptibles au début de cette période.

Cette étude démontre que les agriculteurs néolithiques étaient capables de s’adapter aux conditions environnementales locales et changeantes grâce à des techniques et des pratiques agricoles sophistiquées. Leur connaissance approfondie de l’environnement leur permettait d’optimiser leurs stratégies de production alimentaire, même dans des régions aux conditions difficiles.

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