Les soins palliatifs, souvent associés à la lutte contre le cancer, pourraient considérablement améliorer la qualité de vie des patients atteints de maladies cardiovasculaires graves, en soulageant leurs symptômes et en adaptant les traitements à leurs valeurs personnelles. Une nouvelle étude de l’American Heart Association souligne l’importance d’intégrer cette approche à tous les stades de la maladie, de l’hospitalisation en soins intensifs aux soins à domicile.
L’étude, publiée dans la revue Circulation, met en avant la nécessité d’une meilleure prise en compte des besoins physiques, émotionnels et spirituels des patients cardiaques. Les soins palliatifs ne se limitent pas à la fin de vie, mais visent à accompagner les patients et leurs familles tout au long de leur parcours de soins, en facilitant des discussions ouvertes sur le pronostic et les objectifs thérapeutiques.
« Nous devons mieux comprendre les bénéfices des soins palliatifs pour un large éventail de pathologies cardiaques, en particulier pour les patients en situation aiguë et critique », explique la Dre Erin A. Bohula, cardiologue en soins intensifs au Brigham & Women’s Hospital de Boston et présidente du groupe de rédaction de l’étude. « Les personnes souffrant de maladies cardiaques sont confrontées à des symptômes croissants, à des limitations fonctionnelles et à la nécessité d’aligner les soins sur leurs préférences et leurs valeurs. »
L’étude détaille comment les soins palliatifs peuvent être intégrés dans la prise en charge de pathologies spécifiques telles que l’insuffisance cardiaque, la maladie coronarienne, la maladie artérielle périphérique, les cardiopathies congénitales de l’adulte, les valvulopathies et les arythmies. Par exemple, pour l’insuffisance cardiaque, l’intégration des soins palliatifs est associée à une meilleure qualité de vie, une réduction de la détresse psychologique et une diminution des hospitalisations.
Cependant, l’accès aux soins palliatifs reste limité pour les patients cardiaques. Les taux de référence sont faibles et souvent tardifs par rapport aux patients atteints de cancer. De plus, les ressources en soins palliatifs sont souvent concentrées dans les grands hôpitaux, rendant l’accès difficile pour les patients en soins ambulatoires.
L’étude suggère d’intégrer les services de soins palliatifs dans les cliniques spécialisées et les programmes de suivi post-hospitalier, afin d’assurer une transition fluide des soins hospitaliers vers les soins à domicile. Elle souligne également l’importance d’une formation adéquate des professionnels de la santé en soins palliatifs, notamment en ce qui concerne la gestion des symptômes, la communication avec les patients et les familles, et les enjeux éthiques liés aux décisions de fin de vie.
« Il est essentiel que tous les professionnels des unités de soins intensifs cardiaques et des soins aigus disposent des outils et des connaissances nécessaires pour fournir les principes de base des soins palliatifs, tels que la gestion des symptômes et garantir que les soins sont appropriés et conformes aux choix personnels du patient », conclut la Dre Bohula. « L’intégration des soins palliatifs garantit une approche holistique pour fournir des soins et répondre aux besoins complexes de ces patients. »
À lire aussi
