Home NouvellesLes personnes impliquées dans l’assaut du Fort Paramacay ont été condamnées à 30 ans de prison, sur fond de plaintes pour irrégularités judiciaires au Venezuela

Les personnes impliquées dans l’assaut du Fort Paramacay ont été condamnées à 30 ans de prison, sur fond de plaintes pour irrégularités judiciaires au Venezuela

by Nicolas Lefèvre

Publié le 19 décembre 2023 19:03:00. Vingt-trois personnes ont été condamnées à 30 ans de prison par un tribunal de Caracas pour leur implication dans l’assaut du fort Paramacay en 2017, une affaire qui soulève des inquiétudes quant au respect des procédures légales au Venezuela.

Un tribunal de Caracas a prononcé des peines de 30 ans de prison à l’encontre des personnes accusées d’avoir participé à l’attaque armée du fort Paramacay, situé dans l’État de Carabobo, au nord du Venezuela, en 2017. L’information a été rendue publique par l’organisation non gouvernementale Forum pénal.

Selon Alfredo Romero, président du Forum pénal, la décision de justice concerne « tous les accusés dans l’affaire Paramacay », y compris ceux qui avaient été libérés sous caution en attendant le procès. L’ONG Justice, Rencontre et Pardon (JEP) a précisé que 23 individus ont été reconnus coupables, dont 17 étaient en détention préventive depuis plus de huit ans et six autres étaient soumis à des restrictions judiciaires.

Les proches des condamnés ont dénoncé une procédure judiciaire entachée d’irrégularités, qualifiant le processus de « non-respect des normes d’une procédure régulière dans toutes ses parties », selon des témoignages recueillis par l’agence EFE.

L’attaque du fort Paramacay, survenue en août 2017, avait vu un groupe de militaires se saisir d’une centaine de fusils et de plusieurs lance-grenades dans les installations de la 41e Brigade à Valence. Les assaillants avaient ensuite pris la fuite, escortés par des civils, mais deux d’entre eux ont été tués lors de l’opération militaire menée par les forces loyales au régime de Nicolás Maduro. Sept participants avaient été arrêtés le jour même des faits.

Lors de l’attaque, une vidéo avait circulé montrant des hommes en uniforme et armés aux côtés du « Capitaine Juan Caguaripano », qui avait annoncé une rébellion contre ce qu’il qualifiait de « tyrannie meurtrière de Nicolás Maduro ». Selon les déclarations de Caguaripano, l’objectif de l’opération était de rétablir l’ordre constitutionnel et de mettre fin à la destruction du pays, et non de réaliser un coup d’État.

Parallèlement à cette condamnation, le Forum pénal a mis en garde contre la « détérioration physique progressive » et la « situation sanitaire critique » d’au moins 91 prisonniers politiques dans les centres pénitentiaires vénézuéliens. Selon l’organisation, au moins huit d’entre eux souffrent d’un cancer avancé, certains d’une insuffisance rénale irréversible et plus de 20 de maladies cardiaques, en raison du « refus systématique de soins médicaux, du non-respect des traitements et des conditions insalubres » dans les prisons.

(Avec informations de l’EFE)

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