Home NouvellesLes politiques niçois fustigent l’arbitre après l’arrêt polémique de Nice-OL après un chant hostile à Daesh

Les politiques niçois fustigent l’arbitre après l’arrêt polémique de Nice-OL après un chant hostile à Daesh

by Nicolas Lefèvre

La rencontre de Ligue 1 entre Nice et Lyon, remportée 2-1 par les Niçois samedi soir, a été marquée par une interruption controversée en fin de match. L’arbitre, Jérôme Brisard, a suspendu la partie à la 86e minute, interprétant à tort un chant des supporters niçois comme une provocation, alors qu’il s’agissait d’un hommage annuel aux victimes de l’attentat du 14 juillet 2016.

L’incident s’est produit lorsque les supporters de la tribune Sud ont entonné leur chant rituel : « Daesh, Daesh, on t’enc*le ». Depuis 2016, ce chant est devenu un moyen pour les supporters de Nice de commémorer les 86 victimes de l’attentat sur la Promenade des Anglais. M. Brisard, ne connaissant pas cette tradition locale, a cru assister à des propos homophobes et a pris la décision d’interrompre le jeu.

La situation a été aggravée par l’intervention du speaker du stade, sollicité par l’arbitre et le délégué à match pour demander aux supporters de cesser ces chants supposément répréhensibles. Cette demande, bien que formulée sous contrainte, a été perçue comme un affront par les supporters niçois.

Contacté par L’Équipe, Anthony Gautier, directeur de l’arbitrage français, a expliqué qu’il s’agissait d’une méprise. « J’ai échangé avec Jérôme brièvement après la rencontre. S’il a clairement entendu ‘on t’enc…’, il a été dans l’incapacité d’entendre le premier mot, à savoir le terme Daesh. S’il avait eu connaissance du contexte, il n’aurait pas, à titre exceptionnel, arrêté le match. M. Brisard en a pris connaissance quand Franck Haïse lui a partagé l’information. » Il a ajouté : « Les arbitres ne peuvent pas connaître les habitudes de tous les clubs de supporters ici ou là. Encore une fois, s’il avait été informé, il n’aurait pas arrêté la rencontre exceptionnellement. C’est du bon sens. »

Malgré ces explications, de nombreux Niçois estiment que l’arbitre aurait dû être informé de cette tradition, d’autant qu’il avait déjà arbitré huit rencontres à l’Allianz Riviera depuis 2016.

La classe politique locale a rapidement réagi. Éric Ciotti, député et candidat à la mairie de Nice, a dénoncé « le manque total de discernement ayant conduit à interrompre Nice-OL ce soir », soulignant que « depuis 2016, la Populaire Sud et de nombreux supporters expriment ce que nous pensons tous : un message contre Daesh, en hommage aux victimes. » Il a ajouté : « Je veux ce soir leur dire mon soutien. »

Christian Estrosi, maire de Nice, a également exprimé son indignation : « Décision totalement incompréhensible, lors du match entre l’OGC Nice et l’OL, d’interrompre la partie à la 86e minute, après le traditionnel chant de nos supporters de la Populaire Sud contre Daesh et en forme d’hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet. Un peu de préparation et de discernement ne feraient pas de mal dans ces situations. »

L’OGC Nice a annoncé qu’il saisirait les instances fédérales afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent. Le club souhaite obtenir des garanties quant au respect de la mémoire des victimes de l’attentat et à une meilleure connaissance des traditions des supporters par les arbitres et les délégués. Dans un communiqué, le club a dénoncé « un manque de préparation et de sensibilité » et a précisé que « l’arbitre a présenté ses excuses. Nous ferons dès cette semaine le nécessaire auprès de la FFF, de Philippe Diallo et d’Anthony Gautier pour que cela ne se reproduise jamais. »

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