Publié le 19 novembre 2025 00:33:00. Les États-Unis renforcent les exigences de cybersécurité pour les nouveaux dispositifs médicaux, mais les hôpitaux, largement équipés de matériel plus ancien, se trouvent confrontés à des défis pour sécuriser leurs infrastructures existantes face à la menace croissante des cyberattaques.
- Les dispositifs médicaux sont des cibles privilégiées des pirates informatiques, avec des conséquences potentiellement graves pour les patients.
- Les équipes informatiques du secteur de la santé ont historiquement privilégié une approche de sécurité absolue, difficilement applicable à la durée de vie des équipements médicaux.
- Une meilleure répartition des responsabilités, confiant la sécurité de base à l’industrie plutôt qu’aux prestataires de soins, pourrait être une solution.
Alors que les États-Unis mettent en place de nouvelles mesures de cybersécurité pour les dispositifs médicaux récents, une question cruciale se pose : comment protéger les équipements déjà en service dans les hôpitaux ? Ces derniers, souvent conçus pour durer plusieurs années, sont particulièrement vulnérables aux cyberattaques, et leur compromission peut avoir des répercussions directes sur la sécurité des patients.
Selon Phil Englert, vice-président de la sécurité des dispositifs médicaux chez Health-ISAC (Centre de partage et d’analyse d’informations sur la santé), les efforts passés pour sécuriser ces dispositifs ont manqué de pragmatisme.
« Les efforts visant à assurer la sécurité des dispositifs médicaux ont été faits de bonne foi mais n’ont pas toujours été bien pensés. »
Phil Englert, vice-président de la sécurité des dispositifs médicaux, Health-ISAC
Il explique que les équipes informatiques avaient tendance à vouloir appliquer une approche similaire à celle des ordinateurs traditionnels, avec un remplacement régulier du matériel et des systèmes d’exploitation.
« Ils voulaient gérer tous les appareils informatiques comme s’il s’agissait d’appareils informatiques traditionnels, ce qui signifie que tous les trois ans, nous remplaçons un ordinateur portable ou de bureau et remplaçons le système d’exploitation. Ce n’est pas toujours pratique. »
Phil Englert, vice-président de la sécurité des dispositifs médicaux, Health-ISAC
En réalité, les dispositifs médicaux, une fois correctement entretenus, peuvent rester en service pendant de nombreuses années, rendant cette approche inadaptée.
M. Englert a également souligné le manque de rigueur en matière de sécurité dans certains hôpitaux, relatant avoir pu accéder à des machines sans être interpellé lors de missions de conseil. Il nuance toutefois cette observation en précisant que les laboratoires cliniques, par exemple, affichent une culture de protection plus forte autour de leurs équipements.
Pour améliorer la situation, Health-ISAC préconise une nouvelle répartition des responsabilités. Selon M. Englert, confier la gestion des mesures de sécurité de base à l’industrie des dispositifs médicaux permettrait aux professionnels de santé de se concentrer sur leur mission première : les soins aux patients, et aux techniciens de se concentrer sur la maintenance des équipements.
« Cela permet aux cliniciens de faire leur travail de soins aux patients et aux techniciens de faire leur travail de surveillance de l’état des appareils. »
Phil Englert, vice-président de la sécurité des dispositifs médicaux, Health-ISAC
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