Home MondeLes procureurs abandonnent les accusations pour préjudices causés au fœtus et visent à utiliser les résultats de l’enquête dans l’acte d’accusation concernant le décès de la mère

Les procureurs abandonnent les accusations pour préjudices causés au fœtus et visent à utiliser les résultats de l’enquête dans l’acte d’accusation concernant le décès de la mère

by Clara Dubois

Publié le 29 novembre 2025 à 17h33. Le parquet de Nagoya a annoncé qu’il abandonnait les poursuites initiales concernant les blessures d’un fœtus suite à un accident de la route survenu en mai dernier, tout en maintenant les accusations contre la conductrice responsable de la mort de la mère. Cette décision intervient malgré une forte mobilisation de la famille et d’une pétition signée par plus de 110 000 personnes.

  • Le parquet de Nagoya ne poursuivra pas Naoko Chigono pour les blessures infligées au fœtus, Hinami.
  • Naoko Chigono reste accusée de conduite négligente ayant causé la mort de Sayaka Togitani, la mère de Hinami.
  • La famille de Hinami avait demandé à ce que la petite fille soit reconnue comme victime à part entière.

L’affaire, qui s’est déroulée à Ichinomiya, dans la préfecture d’Aichi, a suscité un débat juridique et éthique sur la reconnaissance du statut de victime d’un fœtus. Sayaka Togitani, enceinte de neuf mois, a été mortellement percutée par le véhicule conduit par Naoko Chigono, 50 ans. Hinami est née par césarienne d’urgence, mais souffre de graves lésions cérébrales et reste dans un état d’inconscience.

Initialement, le parquet avait inculpé Chigono pour conduite négligente ayant causé la mort de Togitani, en vertu de la loi sur la répression des actes causant la mort ou des blessures à autrui en conduisant un véhicule à moteur. La famille de Hinami avait plaidé pour que la petite fille soit également considérée comme une victime au sens de cette loi, une demande qui s’est heurtée à l’interprétation actuelle du Code pénal, qui ne reconnaît pas le fœtus comme une personne.

Le père de Hinami, âgé de 33 ans, a lancé une pétition en ligne qui a recueilli plus de 110 000 signatures, appelant à ce que Chigono soit tenue responsable des blessures de sa fille. Cette pétition a été remise au bureau du procureur en septembre dernier.

L’affaire rappelle une décision de la Cour suprême de 1988 concernant l’affaire de la maladie de Kumamoto Minamata, qui avait établi qu’une négligence professionnelle pouvait être considérée comme un crime si elle causait des dommages à un enfant in utero, même si les conséquences ne se manifestaient qu’après la naissance. Malgré des investigations complémentaires et des consultations avec des médecins sur l’étendue des lésions de Hinami, le parquet a estimé qu’il serait difficile d’appliquer cette jurisprudence spécifique dans le cas présent.

Le procureur devrait justifier sa décision lors de la prochaine audience, prévue en janvier prochain. Il envisage toutefois d’intégrer le cas de Hinami à l’acte d’accusation sous une autre forme juridique, sans préciser laquelle pour l’instant.

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