Publié le 21 novembre 2025 à 11h11. Un consortium d’universités allemandes verra ses recherches sur la matière à l’état extrême prolongées grâce à un financement de 10 millions d’euros de la Fondation allemande pour la recherche (DFG), permettant d’approfondir notre compréhension de l’univers primitif et des phénomènes astrophysiques extrêmes.
- La Fondation allemande pour la recherche (DFG) renouvelle le financement du Centre de recherche collaboratif transrégional (SFB/TRR) 211 pour une durée de trois ans et demi.
- Le SFB/TRR 211, impliquant les universités de Bielefeld, Darmstadt et Francfort-sur-le-Main, étudie la matière dans des conditions de température et de pression extrêmes.
- Les recherches visent à mieux comprendre les états de la matière présents dans les étoiles à neutrons, les collisions d’ions lourds et l’univers primordial.
Les travaux du Centre de recherche collaboratif transrégional 211 « Matière à forte interaction dans des conditions extrêmes » vont se poursuivre. La DFG a annoncé ce 21 novembre 2025 qu’elle accordait une nouvelle enveloppe d’environ 10 millions d’euros aux universités de Bielefeld, Darmstadt et Francfort-sur-le-Main, permettant ainsi une troisième phase de financement à partir de janvier 2026. Depuis juillet 2017, ce centre se consacre à l’étude des états les plus extrêmes de la matière que l’univers puisse offrir.
Les scientifiques s’intéressent aux conditions qui prévalent lorsque la matière ordinaire est soumise à des températures incroyablement élevées et à des pressions colossales. Dans ces circonstances, les protons et les neutrons se désintègrent en leurs constituants fondamentaux : les quarks et les gluons. Ces états de la matière se retrouvent dans des phénomènes aussi variés que la fusion d’étoiles à neutrons, les collisions d’ions lourds recréées en laboratoire dans les accélérateurs de particules, et les premiers instants de l’univers après le Big Bang.
« Ce domaine de recherche collaboratif est un exemple brillant de recherche théorique de pointe, menée en parallèle d’expériences internationales à grande échelle », souligne le professeur Angelika Epple, rectrice de l’université de Bielefeld. « Le renouvellement du financement par la DFG témoigne de la qualité et de l’importance de ce réseau. »
Le professeur Sören Schlichting, physicien des particules à l’université de Bielefeld, qui assurera la direction du SFB à l’avenir, se réjouit également de cette nouvelle. « Ce financement renouvelé est une reconnaissance du travail exceptionnel de notre équipe », déclare-t-il. La nouvelle phase de financement mobilisera 26 chefs de projet et 76 autres scientifiques. « Nous combinons la recherche théorique fondamentale avec des applications en cosmologie, en physique des ions lourds et en astrophysique – une approche unique au monde », explique-t-il.
La deuxième phase de financement a été particulièrement fructueuse, avec la publication de plus de 250 articles scientifiques et l’organisation de deux conférences internationales majeures. Les chercheurs ont ainsi affiné leurs connaissances sur le diagramme de phases de la chromodynamique quantique (QCD), une sorte de carte qui décrit les différents états de la matière en fonction de la température et de la densité. Ils ont également développé des méthodes permettant d’interpréter les données issues des expériences menées dans les accélérateurs de particules et des observations des fusions d’étoiles à neutrons.
« Nos travaux fournissent les bases théoriques nécessaires à une interprétation précise des données expérimentales », explique le professeur Guy Moore, physicien nucléaire et des particules de l’Université technique de Darmstadt, actuel président du SFB et futur vice-président. « Cela est essentiel pour les grandes campagnes de mesures internationales en cours ou en préparation. »
La nouvelle phase de financement permettra d’explorer plus en profondeur le comportement de la matière extrêmement dense et les transitions de phase qu’elle subit. Les chercheurs envisagent également d’utiliser de nouvelles méthodes théoriques, notamment en exploitant la puissance des ordinateurs quantiques.
« Nous combinons la physique fondamentale des particules avec des phénomènes observables », précise le professeur Hannah Elfner, physicienne nucléaire à l’université Goethe de Francfort, porte-parole adjointe du SFB. « Nos recherches permettent de répondre à des questions fondamentales sur l’évolution de l’univers – du comportement des plus petites particules de matière à la structure des étoiles à neutrons. »
Le réseau s’efforce de rendre la physique des particules accessible au grand public, notamment à travers des événements tels que des « Shots of Science » dans un pub irlandais ou des ateliers scolaires. L’équipe prévoit également de présenter les résultats de ses recherches lors d’une conférence publique dans le cadre de la série « Physique le samedi » en janvier.
Contacts scientifiques :
Prof. Dr. Sören Schlichting, Université de Bielefeld
Faculté de physique
Téléphone 0521 106-6225
E-mail : [email protected]
Informations complémentaires :
https://www.dfg.de/de/service/presse/pressemitteilungen/2025/pressemitteilung-nr-37 Communiqué de presse de la Fondation allemande pour la recherche
https://crc-tr211.org/ Site Internet du Centre de recherche collaborative 211
Simulation d’une fusion d’étoiles à neutrons : Le groupe étudie les propriétés d’une matière extrêmement dense dans de telles conditions.
Droits d’auteur : Breu, Radice, Rezzolla
Le physicien des particules Prof. Dr. Sören Schlichting de l’Université de Bielefeld sera le futur conférencier du Centre de recherche collaborative/Transregio 211.
Source : Stefan Sättele
Droits d’auteur : Université de Bielefeld/Stefan Sättele
Caractéristiques de ce communiqué de presse :
Journalistes, enseignants/élèves, étudiants, scientifiques, grand public
Informatique, mathématiques, physique/astronomie
Portée nationale
Projets de recherche
Langue : allemand