L’administration Trump envisage de déployer 100 membres de la Garde nationale à Chicago, une initiative vivement critiquée par les autorités locales qui y voient une tentative d’intimidation politique plutôt qu’une réponse à des préoccupations de sécurité publique.
Le gouverneur de l’Illinois, JB Pritzker, a dénoncé cette annonce, qualifiant cette mesure de « façon de vivre » inacceptable. Lors d’une conférence de presse lundi, il a affirmé que le Département de la Sécurité intérieure avait sollicité l’intervention de la Garde nationale sous prétexte de protéger le personnel et les installations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
« Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, pour Donald Trump et les républicains au Congrès, il ne s’agit pas de lutter contre le crime ou la sécurité publique. Il s’agit de semer la peur, l’intimidation et la division parmi les Américains », a déclaré Pritzker, selon des propos rapportés par Politico.
Le maire de Chicago, Brandon Johnson, a également exprimé son opposition à ce déploiement, estimant qu’il s’agit d’une manœuvre purement politique. « Ce coup n’a rien à voir avec la sécurité publique. Il s’agit de politique, d’argent et de pouvoir », a-t-il déclaré, toujours selon Politico.
Cette décision intervient après une augmentation des raids d’immigration dans la troisième plus grande ville des États-Unis, entraînant des tensions croissantes entre les habitants et les agents de l’ICE. Quatre personnes impliquées dans des manifestations anti-ICE à Chicago au cours du week-end ont été inculpées pour agression et résistance à l’arrestation devant un centre d’immigration à Broadview, selon des documents judiciaires obtenus par ABC News.
L’ancienne procureure générale de Floride, Pam Bondi, a fait référence à ces manifestants comme des « émeutiers » dans une note de lundi, partagée par Politico, et a annoncé qu’elle ordonnait aux agences fédérales de « défendre les installations ICE et le personnel ». Elle a spécifié que le Bureau de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF), le United States Marshals Service, la Drug Enforcement Administration (DEA) et le Federal Bureau of Investigation (FBI) devaient être mobilisés pour assurer cette protection, notamment à Portland et Chicago.
Ce déploiement potentiel s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump consistant à mobiliser la Garde nationale dans plusieurs villes américaines. En juin, des troupes avaient été envoyées à Los Angeles pour réprimer les manifestations anti-ICE, et plus tôt ce mois-ci, Trump avait évoqué l’envoi de troupes à Memphis pour lutter contre la criminalité. L’Oregon et Portland ont intenté une action en justice pour tenter d’empêcher ces déploiements, arguant que les actions du président « menacent de saper la sécurité publique en incitant à l’émeute ».
Par ailleurs, des dizaines d’agents de la patrouille frontalière patrouillent déjà dans les rues de Chicago, ciblant principalement les quartiers immigrés et latino, selon l’Associated Press.
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