Home SantéLes scientifiques repensent le bambou comme un nouveau superaliment puissant

Les scientifiques repensent le bambou comme un nouveau superaliment puissant

by Sophie Martin

Le bambou, plante à la croissance fulgurante, pourrait bien devenir un allié santé inattendu. Une première étude universitaire exhaustive révèle un éventail de bienfaits potentiels, allant de la régulation de la glycémie à l’amélioration de la santé intestinale.

Les chercheurs de l’Université Anglia Ruskin (ARU) en Angleterre ont analysé l’ensemble des données existantes sur la consommation de bambou, en s’appuyant sur des essais cliniques et des expériences en laboratoire. Leurs conclusions mettent en lumière un profil nutritionnel riche, avec des teneurs notables en protéines, fibres, acides aminés essentiels, sélénium et potassium, ainsi qu’en vitamines B et E.

L’étude suggère que la consommation de pousses de bambou pourrait contribuer à une meilleure gestion du diabète grâce à un contrôle glycémique amélioré. Des améliorations des profils lipidiques ont également été observées, ce qui pourrait réduire le risque de maladies cardiovasculaires. « Les multiples bienfaits pour la santé que nous avons identifiés, y compris son potentiel pour relever les défis de santé modernes comme le diabète et les maladies cardiaques, sont probablement dus au contenu nutritionnel du bambou et de ses extraits », explique Lee Smith, professeur de santé publique à l’ARU.

Au-delà de ces aspects métaboliques, le bambou se révèle prometteur pour la santé digestive. Ses fibres alimentaires – cellulose, hémicellulose et lignine – favorisent la fonction intestinale. Des effets antioxydants et anti-inflammatoires ont également été constatés, ainsi qu’une action probiotique qui soutient la croissance de bactéries bénéfiques dans l’intestin.

Des recherches en laboratoire indiquent que le bambou pourrait même contribuer à rendre certains aliments cuits plus sûrs en inhibant la formation de substances toxiques comme le furane et l’acrylamide, produites lors de la friture ou de la cuisson à haute température.

Cependant, l’étude met en garde contre les risques liés à une préparation inadéquate. Certaines espèces de bambou contiennent des glycosides cyanogéniques qui libèrent du cyanure si les pousses sont consommées crues ou mal cuites. De plus, la consommation de bambou pourrait interférer avec la production d’hormones thyroïdiennes, augmentant potentiellement le risque de goitre.

« Le bambou est déjà couramment consommé dans certaines régions d’Asie et il a un énorme potentiel pour devenir un complément sain et durable aux régimes alimentaires du monde entier – mais il doit être préparé correctement », souligne Lee Smith. Il précise que des essais cliniques supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces premiers résultats et formuler des recommandations définitives. « Notre revue montre la promesse claire du bambou en tant que “superaliment” possible, mais il existe également des lacunes dans nos connaissances. Nous n’avons pu trouver que quatre études impliquant des participants humains qui répondaient à nos critères, des essais supplémentaires de haute qualité sur l’homme sont donc nécessaires avant de pouvoir formuler des recommandations fermes. »

Le bambou, dont certaines espèces peuvent croître jusqu’à 90 cm par jour, est déjà largement cultivé en Chine et en Inde et constitue un ingrédient courant dans de nombreuses cuisines asiatiques.

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