Depuis des décennies, l’idée d’une Staten Island indépendante refait surface, alimentée par un sentiment d’abandon et de frustration face à la ville de New York. Un regain d’intérêt pour la sécession, notamment suite à l’élection d’un nouveau maire, relance un débat vieux de plusieurs décennies sur l’avenir de l’arrondissement.
À retenir
- Le sentiment d’isolement et de négligence de Staten Island par rapport aux autres arrondissements de New York est un moteur récurrent des appels à la sécession.
- L’arrivée au pouvoir de personnalités politiques républicaines, comme Rudolph Giuliani et George Pataki, a temporairement apaisé les tensions en donnant à Staten Island une plus grande influence.
- Les obstacles pratiques et financiers liés à une séparation restent considérables, et le mécontentement actuel, bien que réel, ne semble pas suffisant pour déclencher une scission.
Contexte
L’histoire de Staten Island est jalonnée de périodes de crise et de revendications d’autonomie. Dans les années 1970 et 1980, alors que New York était au bord de la faillite et confrontée à une criminalité endémique, de nombreux habitants rêvaient de quitter la ville. L’arrondissement, déjà marginalisé, a vu son influence diminuer davantage avec la suppression du Conseil municipal des estimations au début des années 1990, lui retirant un droit de vote équitable sur les questions municipales importantes.
Cette perte de pouvoir s’est conjuguée à un sentiment d’injustice lié à la décharge de Fresh Kills, la seule de la ville. Staten Island se retrouvait ainsi à accueillir l’ensemble des déchets des autres arrondissements, avec des conséquences environnementales désastreuses et une odeur insupportable. « Il ne s’agissait que de Staten Island, alors qui se souciait de savoir si la ville empoisonnait réellement des centaines de milliers de ses propres électeurs quotidiennement ? » se souvient l’auteur. L’administration du maire démocrate David Dinkins, perçue comme indifférente aux préoccupations de l’île, a exacerbé le mécontentement, même si l’auteur reconnaît que cette indifférence n’était pas nouvelle et que les maires démocrates n’avaient généralement pas besoin des voix de Staten Island pour être élus.
Ce qui change
L’élection de Rudolph Giuliani en 1993 a marqué un tournant. Giuliani a accordé une attention particulière à Staten Island, s’assurant de conserver les votes de l’arrondissement pour sa réélection. Cette nouvelle dynamique a permis d’apaiser les discussions sur la sécession. L’arrivée au pouvoir de George Pataki au niveau de l’État et la reprise du contrôle du Sénat de l’État par les républicains ont renforcé cette tendance, donnant à Staten Island une voix plus audible dans les décisions politiques.
Cependant, le sentiment d’être à l’écart persiste. L’auteur souligne que Staten Island ne contrôle pas son propre destin et reste en décalage avec les centres de pouvoir de Manhattan. L’élection récente d’un nouveau maire, Zohran Mamdani, a ravivé les inquiétudes et relancé les appels à la sécession, bien que l’auteur estime que le simple fait de ne pas apprécier un maire ne constitue pas une raison suffisante pour se séparer de New York.
Prochaines étapes
Bien que le débat sur la sécession soit récurrent, les obstacles pratiques et financiers restent considérables. L’auteur souligne les difficultés liées au financement d’une Staten Island indépendante et à l’organisation d’une nouvelle entité politique. Il met également en garde contre les divisions internes au sein de l’arrondissement, soulignant que les conflits entre les différents quartiers pourraient compliquer davantage une éventuelle scission. À ce stade, il semble que le mouvement sécessionniste manque de l’élan nécessaire pour aboutir.
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