Des services de renseignement américains estiment qu’un attentat manqué à l’explosif contre un aéroport allemand en août 2026 marque le coup d’envoi d’une campagne de sabotage accrue ordonnée personnellement par Vladimir Poutine contre les pays de l’OTAN.
L’attaque déjouée au début du mois d’août à l’aéroport de Leipzig-Halle, en Allemagne, reposait sur l’utilisation de drones bourrés d’explosifs militaires de type Semtex. D’après les investigations menées par les autorités allemandes et les services occidentaux, ces engins étaient positionnés dans des buissons et sous des arbres situés à l’extérieur du périmètre aéroportuaire, puis pilotés à distance via Internet grâce à des cartes de téléphonie mobile allemandes 5G.
L’opération visait directement un grand avion-cargo transportant de l’aide militaire à l’Ukraine. Un drone a percuté le fuselage sans exploser, un second a touché un autre appareil, tandis qu’un troisième a détoné près de la clôture de l’aéroport. Les enquêteurs estiment que si l’assaut s’était déroulé comme prévu, il aurait entraîné des destructions massives et de nombreuses victimes dans l’une des plateformes de fret aérien les plus importantes d’Europe, avec l’intention ultime de cibler des vols civils à destination de la Grande-Bretagne et de l’Amérique du Nord.
L’implication du renseignement militaire russe et de l’unité SSD
Les agences de renseignement américaines et européennes imputent cette tentative au Service des tâches spéciales, ou SSD, une branche clandestine du renseignement militaire russe, le GRU. Formée en 2023 par la fusion d’unités clandestines hautement spécialisées, cette structure est placée sous le commandement du colonel général selon les précisions recueillies par les services occidentaux.
Les enquêtes menées conjointement pointent également la Special Task Force, une unité d’élite du GRU dirigée par le colonel Denis Smolyaninov, un nom déjà associé à plusieurs incendies suspects recensés au Royaume-Uni et en Allemagne. L’ancien militaire Oleg Levochkin, titulaire d’un passeport letton, aurait agi comme agent de terrain principal pour aider à structurer un réseau de contrebande destiné à acheminer des drones et des appareils directement au cœur de l’Europe.
Des indices matériels renforcent cette piste. Des analyses menées par le service médico-légal de la police lituanienne et par le Bureau de la police criminelle lituanienne sur des caches d’explosifs découvertes dans un cimetière à Kaunas en août 2024 ainsi qu’en 2025 ont mis en évidence des canettes de maïs modifiées contenant environ 968 grammes d’explosifs chacune, soit près de 700 grammes d’équivalent TNT. Les plaques métalliques perforées retrouvées dans ces dispositifs présentent des similitudes troublantes avec le matériel fixé sur le drone intercepté à Leipzig.
L’escalade des actions hybrides à travers l’Europe
L’incident de Leipzig s’inscrit dans une recrudescence d’attaques de zone grise constatée à travers le continent. En août, des incendiaires ont visé des fabricants de drones en Estonie et en Pologne, tandis que les autorités slovaques ont déjoué un projet d’attaque similaire contre une usine de drones ukrainiens. Des perturbations et des sabotages touchant des stations Starlink ont également été signalés en Pologne, en Lituanie et en Bulgarie, parallèlement à des attaques de drones contre des navires marchands en mer Noire, près des eaux territoriales de la Roumanie et de la Bulgarie.

correspond à la pratique établie des opérations hybrides russes en Europe.
Des conseillers du dirigeant allemand ont indiqué en privé que si l’attentat de Leipzig avait fait un nombre important de victimes, Berlin aurait sérieusement examiné l’éventualité d’invoquer l’article 5 du traité de l’OTAN, une disposition relative à la défense collective qui n’a été enclenchée qu’une seule fois dans l’histoire de l’alliance, à la suite des attentats du 11 septembre 2001.