Home NouvellesLes survivants des inondations, sous le choc de la dévastation, demandent une aide mondiale – Archipelago

Les survivants des inondations, sous le choc de la dévastation, demandent une aide mondiale – Archipelago

by Nicolas Lefèvre

Publié le 17 mai 2024 à 15h30. Plus de 1 000 personnes ont péri dans les inondations dévastatrices qui ont frappé la province d’Aceh, en Indonésie, laissant des milliers de personnes sans abri et suscitant des appels à une aide internationale que Jakarta hésite à solliciter.

  • Le bilan des inondations et des glissements de terrain dans la province d’Aceh s’élève à 1 030 morts et 205 disparus.
  • Les survivants, comme Nurlela Agusfitri, ont tout perdu et se retrouvent confrontés à un avenir incertain.
  • La lenteur des secours et le refus initial du gouvernement d’accepter l’aide étrangère suscitent la frustration et des manifestations.

La province d’Aceh, située sur l’île de Sumatra, a été frappée par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain massifs. Les dégâts sont considérables, rappelant les conséquences du tsunami dévastateur de 2004 qui avait également touché cette région.

Nurlela Agusfitri, 40 ans, est l’une des milliers de personnes qui ont perdu leur maison et leurs moyens de subsistance. Elle raconte avoir fui avec ses deux enfants alors que l’eau montait autour de son domicile dans le village de Pengidam, où elle exploitait un petit commerce de proximité. À son retour, il ne restait plus rien.

« J’ai vu ma maison détruite, emportée par les eaux. Mes affaires étaient éparpillées partout », a-t-elle confié à l’AFP.

Nurlela Agusfitri, survivante des inondations

La détresse de Nurlela est partagée par de nombreux habitants du village, dont Cahyo Aulia, 31 ans, dont la maison a été réduite en débris par des troncs d’arbres emportés par les flots. « Les gens ne reconnaissent même pas les limites de leurs maisons ici », témoigne-t-il, soulignant l’ampleur de la destruction.

Face à cette catastrophe, des groupes d’étudiants et d’organisations de la société civile se sont rassemblés devant le parlement provincial à Banda Aceh, exigeant une action plus rapide et une mobilisation accrue des ressources nationales. Ils réclament notamment la proclamation d’une catastrophe nationale, qui permettrait de débloquer l’aide internationale.

Les manifestants brandissaient des pancartes qualifiant une déclaration formelle de « non négociable ». Cependant, le président Prabowo Subianto a insisté lundi sur le fait que Jakarta disposait de capacités de réponse suffisantes, arguant que seule une partie de l’archipel indonésien était touchée.

« Nous nous sommes mobilisés. Il s’agit de trois provinces sur 38. La situation est donc sous contrôle », a-t-il déclaré lors d’un conseil des ministres.

Prabowo Subianto, président de l’Indonésie

Le président a annoncé la création d’un groupe de travail chargé de superviser la réhabilitation et la reconstruction, tout en confirmant qu’il avait décliné les offres d’aide étrangère. Cette décision a suscité des critiques, notamment de la part de Surya Firdaus, fondatrice de l’ONG d’aide alimentaire Beulangong Raja Aceh Foundation, qui a appelé Jakarta « à baisser son ego et à accepter l’aide étrangère ».

« Il ne s’agit plus maintenant de montrer qui peut aider les gens, mais comment pouvons-nous travailler ensemble avec d’autres pays pour aider les personnes touchées par les inondations », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Surya Firdaus, fondatrice de Beulangong Raja Aceh Foundation

Le gouvernement provincial d’Aceh a indiqué avoir déjà contacté plusieurs agences des Nations Unies pour solliciter de l’aide, en s’appuyant sur leur expérience lors des opérations de secours après le tsunami de 2004. L’UNICEF Indonésie a confirmé avoir reçu la demande et identifier les besoins prioritaires. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Indonésie évalue également le soutien à apporter aux autorités et aux communautés affectées.

Revi Rinaldi, 45 ans, dont le stand de nourriture dans le village de Kesehatan sert désormais d’abri de fortune à sa famille, se souvient de l’aide étrangère cruciale qui avait permis un rétablissement rapide après le tsunami de 2004. « Mais aujourd’hui, avec l’impact plus large de la catastrophe, nous, les habitants, nous nous demandons pourquoi le gouvernement n’a pas ouvert l’aide internationale », a-t-il déclaré.

De retour à Pengidam, Nurlela Agusfitri exprime son désarroi face à l’avenir. « Nous nous demandons où nous irons après cela s’il n’y a pas d’aide gouvernementale », confie-t-elle. « Même si nous recevons une aide au logement du gouvernement, nous n’avons plus de terres. »

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