Home SantéLes taux de diagnostic d’autisme sont plus élevés chez les enfants nés de mères qui ont eu le COVID pendant la grossesse

Les taux de diagnostic d’autisme sont plus élevés chez les enfants nés de mères qui ont eu le COVID pendant la grossesse

by Sophie Martin

Une infection au COVID-19 pendant la grossesse pourrait augmenter le risque de troubles neurodéveloppementaux chez l’enfant, selon une vaste étude américaine. Les bébés nés de mères ayant contracté le virus présentent un risque accru de développer des troubles du spectre autistique et des difficultés d’élocution ou de motricité.

L’analyse, menée par des chercheurs du Massachusetts General Hospital, a porté sur plus de 18 000 naissances. Les résultats indiquent que les enfants dont la mère a été infectée par le COVID-19 ont un risque 1,3 fois plus élevé de recevoir un diagnostic de trouble neurodéveloppemental. Ce risque est particulièrement marqué lorsque l’infection survient au cours du troisième trimestre de la grossesse.

Plus précisément, l’étude révèle que 2,7 % des enfants nés de mères infectées ont reçu un diagnostic d’autisme, contre 1,1 % chez les enfants de mères non infectées. Les troubles du développement moteur et de la parole sont également plus fréquents dans le groupe d’enfants dont les mères ont été touchées par le virus.

« Il est essentiel que les parents soient informés des risques potentiels pour le développement neurologique de leur enfant après une infection au COVID-19 pendant la grossesse », souligne le Dr Lydia Shook, spécialiste en médecine maternelle et fœtale au Massachusetts General Hospital et principale auteure de l’étude. « Il est important qu’ils soient préparés à demander les évaluations et le soutien appropriés. »

Ces découvertes interviennent alors que les diagnostics d’autisme sont en augmentation aux États-Unis. Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), 1 enfant sur 31 reçoit un diagnostic d’autisme en 2022. Cette hausse est en partie attribuée à une meilleure détection, mais cette étude suggère que d’autres facteurs pourraient également être en jeu.

Les chercheurs insistent sur l’importance de prévenir l’infection au COVID-19 chez les femmes enceintes, soulignant un lien possible entre l’infection et le développement du cerveau fœtal. Cette recommandation est d’autant plus cruciale que la confiance du public envers les vaccins semble diminuer.

Quels signes doivent alerter les parents ? Il est important de surveiller attentivement le développement de l’enfant et de consulter un professionnel en cas de retard ou de difficultés. Parmi les signaux d’alerte, on peut citer :

  • Des retards dans l’acquisition des capacités motrices (ne pas être capable de s’asseoir seul après 9 mois, de marcher après 18 mois).
  • Des difficultés de communication (difficulté à prononcer les premiers mots, à former des phrases, à comprendre des instructions simples, manque de contact visuel ou de réponse à son nom à 18 mois).
  • Des comportements inhabituels (mouvements répétitifs, routines rigides, difficultés dans le jeu social).
  • Un manque d’interaction sociale, un désintérêt pour l’environnement, un isolement ou des difficultés à établir des relations.
  • Des problèmes de contrôle des émotions, des difficultés de concentration, un comportement impulsif ou une énergie excessive.
  • Une absence de réaction aux stimuli visuels ou auditifs, ainsi que des anomalies du tonus musculaire ou des réflexes.
  • Une perte de compétences précédemment acquises ou un développement asymétrique du mouvement.
  • Une taille de tête anormale (microcéphalie ou macrocéphalie).

La détection précoce de ces signes est essentielle pour permettre une intervention rapide et améliorer le pronostic. Les spécialistes recommandent de consulter un neuropédiatre ou un spécialiste du développement de l’enfant en cas de doute.

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