Les marchés financiers semblent pour l’instant peu affectés par les tensions politiques en France et ne prévoient pas de changement majeur à court terme, malgré l’ultimatum fixé par le ministre Lecornu pour mercredi soir. L’attention se porte également sur les interventions de plusieurs banques centrales et les émissions obligataires prévues de part et d’autre de l’Atlantique.
À ce stade, les taux de l’euro semblent bien positionnés, mais les analystes d’ING anticipent une stabilisation à long terme des taux swap à 10 ans à un niveau plus élevé. Ils estiment que les marchés sont globalement équilibrés, avec une probabilité de 40 % seulement que la Banque centrale européenne (BCE) procède à de nouvelles hausses de taux, et certainement pas dans l’année à venir. Cette prudence s’explique par la nécessité d’une accélération plus marquée de la croissance économique et la prédominance des risques à la baisse.
Les experts soulignent la difficulté d’identifier des facteurs susceptibles de modifier significativement les prix actuels. En ce qui concerne les swaps d’inflation, la situation est jugée équitable, sans risque de volatilité accrue. Une récente baisse du swap d’inflation à 10 ans reflète les prévisions de la BCE d’une légère sous-performance de l’inflation en 2026, mais les marchés ne semblent pas s’en inquiéter, les anticipations d’assouplissement monétaire à court terme ayant légèrement augmenté.
Selon ING, les marchés semblent accepter une sous-estimation temporaire de l’inflation et ne voient pas pour l’instant la nécessité de baisser les taux à 10 ans, même si l’inflation venait à passer sous la barre des 2 %. Cependant, à long terme, une remontée de l’inflation pourrait entraîner une hausse sensible des taux swap à 10 ans. Avant la crise financière mondiale de 2008, le swap d’inflation à 10 ans oscillait en moyenne autour de 2,3 %, intégrant une prime de risque d’inflation d’environ 30 points de base. Un retour à cet équilibre est envisageable à mesure que la BCE parviendra à stabiliser l’économie.
Le principal enjeu réside dans la capacité à éviter une sous-estimation excessive de l’inflation en 2026. Les analystes d’ING ne s’y attendent pas, anticipant une augmentation progressive des pressions sur les prix en raison des impulsions budgétaires.
Mercredi, outre la situation politique française, les marchés seront attentifs aux déclarations de plusieurs responsables de la BCE, dont Isabel Schnabel, Philip Lane et Piero Cipollone, ainsi qu’aux publications américaines, notamment le compte rendu de la réunion de septembre du Comité fédéral de marché ouvert (FOMC) de la Réserve fédérale. Les interventions de Neel Kashkari, Michael Barr et Susan Collins de la Fed seront également suivies de près.
Par ailleurs, le marché primaire sera animé par plusieurs émissions obligataires : l’Allemagne lancera deux obligations à 15 ans pour un total de 2 milliards d’euros (environ 2,15 milliards de dollars américains), le Royaume-Uni mettra aux enchères 5 milliards de livres sterling (environ 6,15 milliards de dollars américains), et les États-Unis proposeront 39 milliards de dollars d’obligations.
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