Publié le 29 septembre 2023. Une étude récente révèle un lien inattendu entre les tempêtes solaires et l’augmentation des crises cardiaques, en particulier chez les femmes d’âge moyen et plus âgées, soulignant l’importance de considérer les facteurs environnementaux dans la santé cardiovasculaire.
- Les tempêtes solaires, des perturbations du champ magnétique terrestre, sont associées à une hausse des admissions à l’hôpital pour infarctus du myocarde.
- Les femmes, en particulier celles d’âge moyen et plus âgées, présentent un risque significativement plus élevé de crise cardiaque pendant les périodes d’activité solaire intense.
- Les chercheurs suggèrent que des différences hormonales ou une sensibilité accrue des vaisseaux sanguins pourraient expliquer cette vulnérabilité accrue chez les femmes.
Des chercheurs brésiliens, travaillant au sein de l’Institut national de recherche spatiale (INPE), ont mis en évidence une corrélation entre l’activité géomagnétique et la santé cardiaque. Leur étude, publiée dans la revue Nature Communications Medicine, a analysé des données hospitalières sur les infarctus du myocarde sur plusieurs années, en les comparant aux niveaux d’activité solaire mesurés par l’indice KP. Les résultats indiquent une augmentation à la fois des crises cardiaques et des décès hospitaliers pendant les jours de forte activité solaire.
Les tempêtes solaires, ou perturbations géomagnétiques, se produisent lorsque des éruptions solaires ou des éjections de masse coronale interagissent avec le champ magnétique terrestre. L’intensité de ces perturbations est mesurée par l’indice KP, qui classe les jours en fonction du niveau de perturbation. L’étude a divisé les jours en trois catégories : « calme », « modéré » et « perturbé », puis a comparé les taux de crises cardiaques dans chacune de ces catégories.
Si les hommes ont globalement un nombre d’admissions à l’hôpital pour crise cardiaque plus élevé, l’étude a révélé que l’augmentation relative de ces admissions pendant les jours de perturbation géomagnétique est beaucoup plus marquée chez les femmes. Plus précisément, les femmes âgées de 31 à 60 ans et plus présentent une augmentation significative du nombre de crises cardiaques et un taux de mortalité hospitalière plus élevé pendant ces périodes. Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses pour expliquer cette différence, notamment des variations hormonales, une plus grande sensibilité des vaisseaux sanguins au stress environnemental, ou des profils de risque cardiovasculaire préexistants qui pourraient amplifier les effets des tempêtes solaires.
Bien qu’il ne soit pas possible de contrôler l’activité solaire, il est important que les personnes, en particulier les femmes souffrant de problèmes cardiaques, prennent certaines précautions. Cela inclut le respect scrupuleux de leur traitement médicamenteux, l’évitement d’une activité physique intense pendant les périodes de forte activité solaire, et une vigilance accrue face aux symptômes tels que des douleurs thoraciques ou un essoufflement inhabituel. À l’avenir, les professionnels de santé pourraient intégrer les alertes météorologiques spatiales dans leurs conseils aux patients.
Il est important de noter que cette étude est observationnelle et ne prouve pas un lien de causalité direct entre les tempêtes solaires et les crises cardiaques. Des recherches supplémentaires, impliquant des ensembles de données plus vastes et diversifiés géographiquement, ainsi qu’un suivi plus précis des antécédents médicaux individuels et des habitudes de vie, sont nécessaires pour confirmer ces résultats et mieux comprendre les mécanismes en jeu. Néanmoins, ces premières données suggèrent que les tempêtes solaires pourraient être un facteur environnemental à prendre en compte dans la prévention des maladies cardiaques.
