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Les temps d’arrêt poussent la planification de la résilience dans les opérations de sécurité

by Amélie Bernard

Publié le 12 janvier 2026 05:47:00. Les responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) modifient leur approche de la cybersécurité, privilégiant désormais la résilience et la continuité des activités face à une multiplication des incidents. Une nouvelle étude révèle que la capacité à se relever d’une attaque est devenue aussi importante, voire plus, que la prévention elle-même.

  • Les RSSI se considèrent de plus en plus responsables de la reprise d’activité en cas d’incident, incluant la restauration des systèmes et la coordination avec les équipes informatiques.
  • Les temps de récupération sont souvent mesurés en jours plutôt qu’en heures, engendrant des coûts importants pour les entreprises.
  • Les RSSI anticipent une augmentation des perturbations, notamment dues aux rançongiciels et aux failles dans la chaîne d’approvisionnement.

La perception du succès en matière de cybersécurité est en train de changer. Alors que la prévention des attaques restait longtemps la priorité absolue, les RSSI se concentrent désormais sur la capacité de leurs organisations à maintenir leurs activités en fonctionnement, même en cas de compromission. Une étude récente menée par Absolute Security met en évidence un consensus croissant sur cette évolution, soulignant que la résilience est devenue un objectif central.

Cette nouvelle approche se traduit par une responsabilisation accrue des RSSI. Ils se voient désormais comme les garants de la reprise d’activité en cas d’incident, ce qui implique la mise en place de stratégies de continuité des opérations, la restauration rapide des points d’accès et une coordination étroite avec les équipes informatiques. Les stratégies formelles de résilience sont de plus en plus courantes, signe que ce changement est intégré à la planification globale et ne se limite plus à une simple réflexion annexe.

L’étude révèle que les perturbations opérationnelles sont devenues monnaie courante, en particulier pour les entreprises dont les employés travaillent à distance, en mode hybride ou en mobilité. Les RSSI signalent des incidents récents ayant rendu inutilisables les appareils de leurs collaborateurs, qu’il s’agisse d’attaques de rançongiciels, de compromissions de données ou d’autres pannes affectant la disponibilité des terminaux. Ce contexte explique pourquoi les temps d’arrêt sont désormais considérés comme aussi critiques que le nombre d’attaques.

« À un moment donné, chaque organisation sera confrontée à la réalité d’un cyberincident ou d’une attaque qui mettra l’entreprise en panne. Les organisations qui ne sont pas prêtes à rebondir rapidement sont confrontées à une crise presque existentielle, car un temps d’arrêt prolongé peut écraser une entreprise. »

Christy Wyatt, présidente et directrice générale, Absolute Security

La réalité des temps de récupération est préoccupante. Les RSSI indiquent systématiquement que la remise en état des systèmes prend des jours, et non des heures. La remédiation des terminaux nécessite une coordination complexe entre les différents outils de sécurité, les systèmes d’identité et le support aux utilisateurs, ce qui prolonge inévitablement les interruptions de service. Les coûts associés à ces rétablissements sont également considérables, atteignant souvent des millions d’euros pour de nombreuses entreprises. Ces chiffres incluent non seulement les coûts directs liés à la réparation des appareils et des systèmes, mais aussi les coûts indirects, tels que la perte de productivité et les retards dans la fourniture des services.

Ces réalités sont de plus en plus prises en compte par les conseils d’administration, qui insistent sur la nécessité de réduire les temps d’arrêt et de restaurer l’accès aux systèmes critiques en cas de panne. La planification de la résilience s’étend désormais aux défaillances potentielles des propres outils de sécurité, considérées comme une source de risque importante. Les RSSI intègrent ces scénarios dans leurs exercices de tests et de récupération, aux côtés des simulations d’attaques cybernétiques.

Les RSSI anticipent une poursuite des perturbations, notamment en raison de la menace persistante des rançongiciels, des vulnérabilités dans la chaîne d’approvisionnement, des incidents internes et des manquements à la conformité réglementaire. Ils évaluent désormais les menaces en fonction de leur capacité à interrompre le travail, et pas seulement de leurs caractéristiques techniques.

L’étude révèle également une inquiétude croissante quant aux conséquences personnelles d’un incident majeur. Les RSSI craignent que des temps d’arrêt importants ne conduisent à une perte d’emploi, à des poursuites judiciaires ou à une responsabilité financière. Cette pression accrue reflète les attentes croissantes placées sur le leadership en matière de sécurité. Les dirigeants attendent des investissements en sécurité qu’ils éliminent complètement les violations et les rançongiciels, ce qui crée une tension entre les attentes et la réalité opérationnelle.

Les RSSI s’efforcent d’expliquer que la résilience ne consiste pas à éliminer tous les risques, mais à se préparer et à se relever en cas d’incident. Les discussions avec la direction portent désormais sur la limitation des perturbations et la restauration rapide des services.

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