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Les vents saisonniers changent à mesure que les actions balayent les mois faibles et s’approchent des niveaux records

Malgré des inquiétudes persistantes concernant l'inflation et la conjoncture économique, les marchés boursiers semblent avoir surmonté avec succès une période traditionnellement difficile, ouvrant la voie à un potentiel rebond de fin d'année. Septembre et octobre ont certes été…

Les vents saisonniers changent à mesure que les actions balayent les mois faibles et s’approchent des niveaux records

Malgré des inquiétudes persistantes concernant l’inflation et la conjoncture économique, les marchés boursiers semblent avoir surmonté avec succès une période traditionnellement difficile, ouvrant la voie à un potentiel rebond de fin d’année.

Septembre et octobre ont certes été marqués par des moments de volatilité, les investisseurs s’inquiétant des risques liés au crédit, au commerce international et à la possibilité d’une bulle spéculative. Certains secteurs plus spéculatifs ont connu des fluctuations notables, un phénomène tout à fait normal. Cependant, l’indice S&P 500 termine octobre à un cheveu de son plus haut historique, ce qui témoigne de la capacité du marché à résister aux tendances saisonnières défavorables.

Les analystes les plus pessimistes prédisent une correction imminente, arguant que les valorisations boursières sont déconnectées de la réalité économique. Néanmoins, il est souvent déconseillé, selon l’adage, de parier contre la tendance générale du marché ou les décisions de la Réserve fédérale américaine. Il est légitime de s’interroger sur les fondamentaux économiques (croissance, inflation, bénéfices des entreprises), mais il convient de se rappeler que « les marchés ont rarement tort, mais les investisseurs le sont souvent ».

Les résultats actuels des entreprises dépassent les attentes, les prévisions de bénéfices futurs sont solides, l’économie continue de croître et l’inflation semble maîtrisée. Dans ce contexte, il est compréhensible que les investisseurs adoptent une attitude optimiste.

Les vents saisonniers semblent sur le point de changer. Historiquement, les deux derniers mois de l’année sont généralement porteurs, novembre marquant le début d’une période semestrielle favorable. Les facteurs qui pesaient sur le marché ces derniers mois pourraient donc se transformer en catalyseurs de croissance.

Plusieurs éléments pourraient renforcer cette dynamique : la saison de vente des fonds communs de placement est quasiment terminée, les périodes de rachat vont bientôt s’ouvrir, la peur de manquer une opportunité (FOMO) pourrait s’intensifier à mesure que le S&P 500 se rapproche d’un gain annuel de 20 %, et les stratégies de « window dressing » (optimisation de portefeuille en fin d’année) sont susceptibles de stimuler la demande.

Il est important de souligner qu’il ne s’agit pas de prédictions, mais d’une analyse des probabilités. Le marché pourrait bien ignorer ces signaux, comme il l’a fait plus tôt cette année, lorsque les cycles suggéraient une stagnation entre février et avril, alors que les actions ont chuté suite à des tensions commerciales.

Cependant, lorsque le marché est en phase avec le « Cycle Composite » – un indicateur qui combine différents cycles économiques de 1, 4 et 10 ans – les prévisions se révèlent souvent justes. Depuis que les investisseurs ont pris conscience que la guerre commerciale n’aura pas d’impact dévastateur sur l’économie, le marché semble effectivement suivre cette tendance.

Les sceptiques estiment que les gains de fin d’année ont déjà été anticipés par le marché, qui pourrait donc s’essouffler rapidement, compte tenu des valorisations élevées. Seul l’avenir nous le dira. Néanmoins, il est utile de prendre en compte les tendances saisonnières pour anticiper les prochains mois.

« L’art d’investir ne consiste pas tant à élaborer des indicateurs qu’à savoir lesquels surveiller au moment opportun », soulignait Ned Davis, fondateur du groupe de recherche du même nom.

À ce stade, l’objectif est de rester investi et de profiter du potentiel de hausse du marché, à moins que les fondamentaux économiques ne se détériorent.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.