La concurrence automobile mondiale se déplace vers le Sud. Si l’attention se concentre souvent sur l’arrivée des constructeurs chinois en Europe, c’est en Amérique latine, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est que ces derniers gagnent véritablement du terrain, défiant les marques établies.
Les données récentes révèlent une érosion significative des parts de marché des constructeurs japonais (Toyota, Nissan, Honda, Mitsubishi, Suzuki), coréens (Hyundai, Kia) et européens (Renault, Volkswagen, Dacia), ainsi que des marques américaines comme Chevrolet. Ces pertes sont directement corrélées à la progression rapide des marques chinoises, notamment BYD, GWM et Changan.
Le facteur déterminant de ce succès est le prix. Dans les économies émergentes et les pays à faible revenu, les acheteurs sont particulièrement sensibles au coût d’un véhicule neuf. Les voitures chinoises, et plus particulièrement les véhicules électriques, offrent un rapport qualité-prix plus attractif que leurs concurrents traditionnels.
Plusieurs marchés affichent déjà des parts de marché chinoises impressionnantes. La Thaïlande, Israël, le Chili et l’Équateur dépassent les 25 %, tandis que l’Australie approche les 17 % (en hausse de 5,3 points depuis le début de l’année 2024). Au Brésil, le plus grand marché d’Amérique latine, la part de marché des constructeurs chinois est passée de 6,8 % entre janvier et septembre 2024 à 9,1 % cette année, les plaçant désormais au quatrième rang des ventes.
Cette tendance n’est pas limitée à ces quelques exemples. En Ukraine, BYD a doublé sa part de marché, passant de 3 % à 7,7 % sur la même période. En Colombie, BYD a intégré le top 10 des ventes, tandis qu’en Indonésie, la marque occupe désormais la sixième position. Des résultats similaires sont observés en Uruguay, au Panama, en Afrique du Sud, en Arabie saoudite et au Mexique.
Les chiffres clés témoignent de cette dynamique : l’Uruguay enregistre la plus forte croissance (+12,6 points de part de marché depuis le début de l’année 2024), suivi par Israël (+11,5 points) et l’Indonésie (+6,5 points).
À ce stade, l’impact de cette bascule est moins visible dans les grandes économies développées, où la part de marché des constructeurs chinois, bien que croissante, reste limitée à environ 5 % en août 2025. Cependant, la bataille pour la domination du marché automobile se joue clairement désormais sur les terrains de croissance des pays émergents.