Les Wallabies s’apprêtent à affronter les All Blacks ce samedi à l’Eden Park d’Auckland pour le premier test de la Bledisloe Cup, avec pour défi de mettre fin à une disette de quarante ans sans victoire sur cette pelouse néo-zélandaise.
Le défi historique de l’Eden Park face à la forteresse néo-zélandaise
La dernière victoire de l’Australie à l’Eden Park remonte à 1986, lorsque les Wallabies s’étaient imposés 22-9 sous la direction de l’entraîneur Alan Jones. Depuis, le stade s’est transformé en un véritable sanctuaire imprenable pour les All Blacks, qui n’y ont plus concédé la moindre défaite depuis 1994, portant leur série d’invincibilité à 53 tests sur cette pelouse.
Pourtant, le groupe australien aborde cette confrontation avec un optimisme mesuré mais réel. Forts d’une série en cours de six matches sans défaite, les hommes de Les Kiss s’appuient notamment sur leur victoire de prestige acquise 38-22 contre les Springboks à Ellis Park quatorze mois plus tôt pour chasser le doute. Le capitaine Harry Wilson insiste sur le fait que cet exploit lointain en Afrique du Sud prouve que tout est possible, même face à l’histoire. Au total, la nation hôte n’a pas connu le moindre revers à Auckland depuis le mois de juillet 1994 face à la France, totalisant ainsi 51 rencontres sans revers dans son antre. Pour l’Australie, qui n’a plus soulevé le trophée depuis 2002 et n’a plus gagné en terre néo-zélandaise depuis 2001, l’enjeu est également d’empêcher ses rivaux de conserver le trophée pour une vingt-quatrième saison consécutive.
Harry Wilson a déclaré à 1news : « Ellis Park, cela donne confiance à ce groupe. Soixante-deux ans… personne ne nous donnait vraiment notre chance, mais nous sommes sortis, avons fait un bon match et avons obtenu le résultat. Cela a montré au groupe ce dont nous sommes capables le jour J, et maintenant (à l’Eden Park), pourquoi pas ? »
Les blessures et le passage de témoin de Dave Rennie chez les All Blacks
En face, la sélection néo-zélandaise aborde ce rendez-vous sous haute pression après une série de trois défaites consécutives concédées en fin de tournée face à l’Afrique du Sud. L’entraîneur Dave Rennie, qui a pris les commandes des All Blacks cette année après avoir dirigé les Wallabies entre 2020 et 2022, doit composer avec une infirmerie particulièrement garnie.
L’ancien sélectionneur de l’Australie se retrouve privé de plusieurs cadres majeurs, dont le capitaine Ardie Savea, ainsi que des demis d’ouverture Ruben Love, victime d’une opération à la cheville, et Richie Mo’unga, contraint de déclarer forfait en raison d’une blesse au mollet. La liste des indisponibilités s’allonge avec les forfaits de Luke Jacobson, Caleb Clarke et Billy Proctor, tous d’ores et déjà écartés pour le reste de l’année civile. La formation locale doit également composer avec l’absence de l’ailier Caleb Clarke en raison d’une blessure à l’épaule et de Fehi Fineanganofo, qui souffre d’une commotion cérébrale, ce qui entraîne les titularisations de Will Jordan et Leroy Carter sur les ailes. Malgré un tel contexte, les locaux pourront compter sur le retour de Scott Barrett au sein du XV de départ après son passage dans le championnat des provinces avec Taranaki.
La composition des équipes et les enjeux tactiques du choc d’Auckland
Le sélectionneur australien Les Kiss a opté pour la continuité en reconduisant l’essentiel de son groupe victorieux à Perth, à l’exception d’Isaac Henry qui intègre le centre pour suppléer le joueur suspendu Hunter Paisami. Le redoutable Joseph-Aukuso Sua’ali’i est une nouvelle fois aligné à l’aile, prêt à exploiter le jeu aérien face à une défense hôte qui cherche à se rassurer.

Du côté des visiteurs, la préparation s’est faite sans plusieurs forces vives de la ligne avant, à l’image de Taniela Tupou et Tom Hooper, rentrés dans leurs clubs respective à l’étranger en raison du calendrier international. Cette situation oblige le technicien à s’appuyer sur des remplaçants inexpérimentés pour stabiliser le pack au cours de la rencontre. L’ambition affichée par les Australiens repose sur une animation offensive faite de vitesse, d’amplitude et de passes après contact, susceptible d’incommoder une arrière-garde adverse en quête de repères. Les Néo-Zélandais, de leur côté, entendent s’appuyer sur la culture de la gagne propre à leur institution pour prolonger leur hégémonie historique.
| Sélection | Entraîneur | Joueurs clés alignés |
|---|---|---|
| Australie (Wallabies) | Les Kiss | Harry Wilson (c), Fraser McReight, Joseph-Aukuso Sua’ali’i, Tom Wright |
| Nouvelle-Zélande (All Blacks) | Dave Rennie | Codie Taylor (c), Beauden Barrett, Damian McKenzie, Scott Barrett |
Les Néo-Zélandais détiennent la Bledisloe Cup depuis 24 saisons consécutives, une hégémonie que les visiteurs tenteront de fissurer dès ce samedi soir à Auckland, avant un match retour programmé la semaine suivante à Sydney.