Édition française
En continu
---Advertisement---

Technologie et science

Steve Eisman alerte sur la dépendance de l’IA envers OpenAI et Anthropic

Steve Eisman, l’investisseur rendu célèbre par le livre et le film The Big Short, avertit que toute la chaîne de l’intelligence artificielle repose sur la santé financière de…

Steve Eisman alerte sur la dépendance de l'IA envers OpenAI et Anthropic

Steve Eisman, l’investisseur rendu célèbre par le livre et le film The Big Short, avertit que toute la chaîne de l’intelligence artificielle repose sur la santé financière de seulement deux entreprises déficitaires : OpenAI et Anthropic, créant une vulnérabilité systémique pour les géants technologiques et l’ensemble du secteur.

La concentration de l’industrie de l’intelligence artificielle autour d’OpenAI et d’Anthropic

L’engouement mondial pour l’intelligence artificielle masque un risque de concentration comparable à celui d’une entreprise logicielle qui ne compterait que deux clients. Selon une récente analyse menée par le média d’information Business AM à la suite d’un entretien accordé à la chaîne YouTube New Money, une part exceptionnellement importante du chiffre d’affaires des fournisseurs de services infonuagiques provient en fin de compte de seulement deux entités : OpenAI, le créateur de ChatGPT, et Anthropic, qui développe l’assistant concurrent Claude.

Les chiffres soulignent cette dépendance étroite. Chez les fournisseurs de services infonuagiques — les hyperscalers que sont Microsoft, Amazon et Google —, environ 70 pour cent des revenus directement liés à l’intelligence artificielle proviennent de ces deux acteurs, ce qui représente tout de même entre 25 et 30 pour cent de leur chiffre d’affaires total dans le secteur du nuage. Du côté d’Oracle, environ la moitié du carnet de commandes en cours, désigné par l’abréviation RPO, provient directement d’OpenAI.

CIM Internet
Photo : europesays.com

La situation se reflète également chez les fabricants de puces. Des documents financiers récents montrent que chez Nvidia, dont Steve Eisman est actionnaire, cinq clients concentraient à eux seuls 70 pour cent des factures restant à encaisser à la fin du mois de juillet.

Toute la chaîne, de Nvidia aux hyperscalers en passant par OpenAI et Anthropic, repose sur la santé et la croissance futures de ces deux entreprises. Si elles ne se développent pas ou ne peuvent pas honorer leurs engagements, tout ralentit.

Steve Eisman, investisseur

Les fragilités financières et l’absence d’avantages concurrentiels durables

Derrière cette façade de croissance rapide se cache un circuit financier qualifié de bancal. Bien que ces jeunes pousses progressent sur le plan commercial, elles continuent de dépenser des sommes colossales qui dépassent largement leurs rentrées d’argent. OpenAI a ainsi vu ses coûts augmenter de trois milliards de dollars au cours d’un trimestre, tandis que ses revenus n’ont progressé que d’un milliard de dollars, un déséquilibre qui touche également Anthropic.

interview de Steve Eisman accordée à New Money

Pour alimenter leurs activités, ces entreprises s’appuient sur des flux de capitaux circulaires. Les fonds proviennent principalement des géants technologiques et de partenaires stratégiques comme Nvidia ou SoftBank, plutôt que du capital-risque traditionnel. Ces sociétés technologiques investissent massivement dans des acteurs de l’IA qui, en retour, leur achètent des services et des infrastructures.

De surcroît, les fournisseurs de grands modèles linguistiques, ou LLM, ne disposent pas de véritables barrières à l’entrée pour protéger leurs parts de marché. Les entreprises clientes se montrent de plus en plus soucieuses de leurs dépenses et adoptent des modèles dits « open-weight » moins onéreux pour la majorité des tâches courantes, réservant les services de ChatGPT ou de Claude uniquement aux missions les plus exigeantes.

Il n’y a pas de fidélité. Si un meilleur modèle apparaît demain, on change.

Steve Eisman, investisseur

Les préférences d’investissement face à la concurrence des agents conversationnels

Plutôt que de parier directement sur les entreprises de modèles linguistiques déficitaires, l’investisseur préfère se tourner vers les fournisseurs d’équipements indispensables à l’infrastructure numérique. Ses choix se portent sur des fabricants de puces et des acteurs de l’électrification, parmi lesquels figurent Nvidia, Micron, GE Vernova, Arista Networks, Cisco et Eaton.

L’avertissement ne constitue pas pour autant la prédiction d’un krach boursier inévitable. Si OpenAI et Anthropic parviennent à maintenir une trajectoire de croissance soutenue, à attirer un nombre suffisant de clients payants et à honorer leurs engagements financiers, la chaîne d’investissement actuelle pourra poursuivre son cours normal sans heurts majeurs.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.